Des militaires surveillent un rassemblement organisé à Téhéran, le 9 mars, à l’occasion de l’officialisation de la désignation de Mojtaba Khamenei au rang de Guide suprême.
Atta Kenare/AFP
Thierry Kellner, Université Libre de Bruxelles (ULB) and Mohammad Reza Djalili, Institut des hautes études internationales et de développement de Genève
Le régime de Téhéran est fondamentalement irréformable. Seule une chute de la République islamique pourrait satisfaire la grande majorité des Iraniens.
Alors que les tensions sur l’approvisionnement énergétique mondial s’accentuent, les pénuries de carburant affectent l’accès quotidien. Des conducteurs de rickshaws font la queue pour faire le plein à une station-service à Hyderabad, en Inde, le 14 mars 2026.
(AP Photo/Mahesh Kumar A.)
Les pénuries de carburant s’aggravent dans le monde, et certains pays ont déjà instauré le rationnement, un modèle pour gérer la rareté équitablement.
L’autoroute (Highway) 40 en Arabie saoudite relie Djeddah, située sur la côte ouest sur les rives de la mer Rouge, à Dammam, sur la côte est, via la capitale Riyad. Cet axe routier pourrait prendre une importance notable du fait de la guerre.
Tliuska/Wikipedia
La guerre élargit la crise humanitaire, perturbe l’aide et aggrave faim, déplacements et vulnérabilités, avec des effets mondiaux durables.
Des soldats israéliens inspectent les restes d’un missile iranien, le 24 mars 2026, dans le village de Hares, en Cisjordanie occupée par Israël.
Jaafar Ashtiyeh/AFP
Les processus qui conduisent à la guerre passent par plusieurs étapes étudiées par les sciences sociales. Détecter les signes d’escalade permet d’éviter les conflits armés.
Des pompiers tentent de sortir des corps de personnes tuées dans un bombardement ayant touché un immeuble d’habitation à Téhéran, le 27 mars.
AFP
L’ampleur des frappes, qui sont loin de ne cibler que les responsables de la dictature iranienne, invite à s’interroger sur les véritables buts de guerre de Washington et Tel-Aviv.
Un panache de fumée s’élève à Abu Dhabi, le 1er mars 2026, à la suite de frappes de drones iraniens sur la ville, notamment contre les centres de données.
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Les centres de données commerciaux sont devenus des infrastructures cruciales et sont donc désormais ciblés en temps de guerre.
Deux militaires finlandais disposent des mines antipersonnel dans une forêt lors d’une journée ouverte aux médias organisée par la brigade de Kainuu, une unité de l’armée finlandaise basée à Kajaani, en Finlande, le 3 février 2026. La Finlande a décidé d’utiliser cette arme pour sécuriser sa frontière avec la Russie. Pour cela, Helsinki a dû quitter le traité prohibant les mines antipersonnel.
Alessandro Rampazzo/AFP
Cinq pays d’Europe de l’Est, ainsi que l’Ukraine, se sont récemment retirés du Traité d’Ottawa qui interdit l’emploi des mines antipersonnel.
Affiche de recrutement photographiée en août 2025 à Kalouga (200 km au sud de Moscou) appelant à « rejoindre l’armée des vainqueurs » et promettant aux futurs soldats un salaire allant jusqu’à 5 millions de roubles (près de 50 000 euros) pour la première année complète.
PhotoChur/Shutterstock
Bonus d’engagement élevés, soldes nettement supérieures à la plupart des salaires accessibles dans le civil… L’État russe ne lésine pas sur les moyens pour attirer de nouvelles recrues.
Manifestation de militants de gauche contre Benyamin Nétanyahou, le 19 mars 2026 à Tel-Aviv.
Jack Guez/AFP
Si la population israélienne soutient largement l’opération contre l’Iran, cet appui ne se traduit pas par une adhésion au gouvernement Nétanyahou, loin de là.
Portraits des dirigeants assassinés du mouvement chiite libanais Hezbollah, Hassan Nasrallah (à gauche) et Hashem Safieddine, sur le site d’une frappe aérienne israélienne menée pendant la nuit et qui a visé le quartier de Burj al-Barajneh, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 14 mars 2026. Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient début mars lorsque le Hezbollah, soutenu par l’Iran, a attaqué Israël en réponse à l’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei et aux violations persistantes par Tel-Aviv du cessez-le-feu acté fin 2024.
AFP
Déjà très affaibli par sa précédente confrontation avec Israël, le Hezbollah s’est tout de même lancé dans une nouvelle guerre plus que périlleuse pour sa survie.
Funérailles d’Ali Larijani, chef de la sécurité iranienne, et de Gholamreza Soleimani, haut responsable du Corps des gardiens de la révolution islamique et commandant des forces des bassidji, à Téhéran, le 18 mars 2026.
Atta Kenare/AFP
Paradoxalement, l’attaque israélo-américaine pourrait aider le régime iranien, exsangue, à se maintenir sur la durée ; mais pour cela, il devra évoluer.
Furor teutonicus représente la bataille de Teutobourg, en l’an 9 de notre ère. Dans une forêt de l’Allemagne actuelle, trois légions romaines tombent dans une embuscade mise en place par une coalition de tribus germaniques et sont massacrées.
Paja Jovanović, 1888
Si la notion de guerre asymétrique a été conceptualisée de fraîche date, la réalité à laquelle elle renvoie n’est certainement pas une nouveauté.
Le 14 novembre 1944, un Avenger TBF-1 largue une bombe visant le chantier naval de Manille (Philippines), tenue par les troupes japonaises.
United States Navy - United States Navy National Museum of Naval Aviation
Les premiers bombardements datent du début du XXᵉ siècle. Dès l’origine, ils ont pour but de préserver la vie des militaires de l’armée attaquante, quitte à causer la mort de très nombreux civils.
Paysage de dévastation après des frappes aériennes israéliennes dans la banlieue sud de Beyrouth, le 12 mars 2026.
AFP
La peur d’une guerre nucléaire totale a longtemps dominé les analyses stratégiques. Mais un autre scénario se dessine : une guerre mondiale « sous le seuil », sans recours immédiat à l’arme nucléaire.
L’hôpital Gandhi à Téhéran (Iran), détruit par une frappe aérienne américano-israélienne, le 1er mars 2026.
Abedin Taherkenareh/AAP
En 2025, les attaques contre les infrastructures médicales ont atteint des niveaux record au cours des conflits armés, et l’année 2026 semble suivre le même chemin. Que dit le droit international à ce sujet ?
Lancement, en décembre dernier, depuis la frégate USS Santa Barbara d’un drone LUCAS (Low-cost Unmanned Combat Attack System – Système d’attaque de combat sans pilote à faible coût), la version américaine issue de la rétro-ingénierie du drone d’attaque à usage unique iranien Shahed. Les États-Unis tentent de combler leur retard en matière de drones de combat.
Cpl. Kayla Mc Guire
La guerre des drones favorise des armes bon marché et massives, remettant en cause la supériorité américaine, dont le modèle est trop coûteux et rigide.
Le porte-avions Charles-de-Gaulle – ici en mer Ionienne, le 17 mars 2022, accompagné de plusieurs hélicoptères –, est arrivé en Méditerranée orientale le 6 mars dernier.
Wikipedia
Christophe Richer, Université de Bordeaux; Université Paris-Panthéon-Assas
Le déploiement français répond à des accords de défense précis, et toute action militaire devra correspondre au cadre fixé par une récente résolution de l’ONU.
Cette capture d’écran, tirée de vidéos publiées sur les réseaux sociaux les 7 et 8 mars 2026, montre un incendie qui s’est déclaré dans un dépôt pétrolier à Téhéran après des frappes américano-israéliennes.
AFP
Hydrocarbures, conflits, détroit d’Ormuz fermé : la guerre de 2026 confirme que le pétrole moyen-oriental est un vecteur de guerre.
Cette photographie officielle de la Maison-Blanche montre Donald Trump supervisant les étapes de l’opération « Epic Fury » contre l’Iran, depuis Mar-a-Lago, en Floride. Une imagerie soigneusement pensée pour illustrer le fait que le président, homme d’action (il ne porte pas de cravate et a devant lui deux téléphones par lesquels il envoie ses ordres), est seul décideur et comme illuminé par une force intérieure qui atteste qu’il a été élu par la Providence.
Daniel Torok/The White House/AFP
La communication de Donald Trump, spécialement depuis le début de la guerre contre l’Iran, reprend à son compte plusieurs mythes essentiels de la psyché états-unienne.
Maitre de conférences en sciences de la communication, Chercheur au PREFICS (Plurilinguismes, Représentations, Expressions Francophones, Information, Communication, Sociolinguistique), Université Rennes 2
Analyste en géopolitique, membre associé au Laboratoire de Recherche IAE Paris - Sorbonne Business School, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, chaire « normes et risques », IAE Paris – Sorbonne Business School
Professeur agrégé de géographie, membre du laboratoire Médiations (Sorbonne Université), Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay