Depuis l'époque soviétique, certains penseurs russes, de plus en plus influents, refusent toute convergence de la Russie avec l’Occident et défendent une modernisation fondée sur la puissance de l’État et des valeurs traditionnelles.
De gauche à droite, Vladimir Kara-Mourza, Ioulia Navalnaïa, veuve d’Alexei Navalny, et Ilia Iachine, lors d’une manifestation contre l’invasion de l’Ukraine par la Russie à Berlin, le 17 novembre 2024.
Ralf Hirschberger/AFP
Composée de nombreuses personnalités actives et désireuses de peser sur l’avenir de leur pays, l’opposition russe est traversée par des débats de fond sur de nombreux sujets clés.
L’ouvrage de Xenia Fedorova, Bannie, présenté sur le stand de Fayard à côté d’autres livres publiés par cette maison d’édition propriété de Vincent Bolloré, lors du Festival du Livre de Paris 2025, au Grand Palais à Paris, le 12 avril 2025.
Xavier Galiana/AFP
Antoine Marie, École normale supérieure (ENS) – PSL and Maxime Audinet, Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco)
Le cas Fedorova est emblématique d’une méthode rhétorique employée par la propagande russe : en appeler à l’esprit critique du public visé pour convaincre celui-ci de se détourner des sources vues comme « officielles » et « dominantes ».
Manifestation devant le Parlement ukrainien, à Kiev le 19 août 2026, en soutien à l’ex-ministre de la défense Mykhailo Fedorov et pour contester son remplacement par Ievhenii Khmara, entériné le même jour. La veille, 18 août, Fedorov a lancé un appel public à l’organisation d’élections.
Tetyana Dzharaova/AFP
Des millions de déplacés internes et de réfugiés, une partie du territoire sous occupation russe et des frappes quotidiennes : malgré ce contexte, des responsables ukrainiens relancent le débat sur la tenue d’élections.
Fusil-jouet à la main, ces enfants participent à une partie de Zarnitsa (Éclair d’été), un jeu patriotique militaire, organisée dans une école maternelle de Stavropol, en Russie, le 5 juin 2015. La militarisation de la société russe commence dès l’enfance, et les enfants amenés d’Ukraine font l’objet d’une attention particulière des autorités.
Danil Semyonov/AFP
Même si le droit international interdit l’endoctrinement et la militarisation des enfants dans les territoires occupés, la Russie se livre ouvertement à ces pratiques en Ukraine.
Ouverture du grand format publié par The Economist consacré à Andreï Melnitchenko, présenté comme « l’homme qui pourrait changer la Russie ». Photo : Hanna Heitman.
« The Economist », 9 juillet 2026.
En donnant une large tribune à l’oligarque russe sanctionné Andreï Melnitchenko, « The Economist » interroge la responsabilité des médias face à la guerre en Ukraine.
De la fumée s’élève au-dessus d’immeubles résidentiels depuis un entrepôt appartenant au géant russe de la distribution Wildberries situé près de Saint-Pétersbourg, après que celui-ci a été touché par des drones ukrainiens tôt dans la matinée du 24 juillet 2026.
Stringer/AFP
Les frappes ukrainiennes sur le territoire russe représentent un changement d’approche porteur d’effets bénéfiques à Kiev, mais ne suffiront pas, à elles seules, à assurer une victoire militaire.
Une photo montrant Kiev après une frappe russe, publiée sur Twitter par Roksana Panashchuk, rédactrice en chef de Katapult Ukraine, qui venait de fuir Odessa, est visible sur son bureau, au siège de la publication à Greifswald, Allemagne le 29 mars 2022.
John MacDougall/AFP
Depuis le début de la guerre en Ukraine, X est devenu un champ de bataille informationnel où diplomatie, OSINT, propagande et journalisme se croisent en temps réel.
Manifestation pro-Fedorov à Kiev le 20 juillet. Sur la pancarte de droite, on lit notamment « Renommez Fedorov au poste de ministre de la défense de l’Ukraine. Expérience, technologies, résultats. Une armée moderne, une Ukraine forte ! »
Genya Savilov/AFP
Le limogeage de Mykhaïlo Fedorov révèle un enjeu dépassant l’Ukraine : adapter les institutions au rythme de la guerre technologique.
Le 15 juin 2026, Volodymyr Zelensky constate les dégâts à la cathédrale de la Dormition, située dans le complexe orthodoxe de la Laure de Kiev-Petchersk, qui a été endommagée la nuit précédente par des frappes russes selon les Ukrainiens (par le système de défense antiaérienne ukrainien selon les Russes).
Service de presse de la présidence ukrainienne/AFP
La frappe contre la cathédrale de la Dormition remet au premier plan un autre front de la guerre : la bataille entre Moscou et Kiev pour l’héritage orthodoxe.
Manifestation à Kiev le 18 juillet 2026 pour dénoncer le limogeage du ministre de la défense, Mykhaïlo Fedorov, et réclamer la destitution de son principal adversaire, le chef de l’armée, Oleksandr Syrsky.
Roman Pilipey/AFP
Le remplacement du jeune ministre de la défense Mykhaïlo Fedorov, grand ordonnateur de la guerre des drones ukrainienne, reflète des conflits internes et suscite le mécontentement de la population.
L’opération ukrainienne « Spider’s Web » (« Toile d’araignée »), menée sur le territoire russe, a été présentée lors d’une conférence de presse à l’ambassade d’Ukraine à Washington, D. C., le 4 juin 2025.
Oliver Contreras/AFP
Ivan Manokha, Schiller International University; Sciences Po
Les drones bon marché font des équipements coûteux des grandes puissances des cibles privilégiées.
Capture d’écran du jeu S.T.A.L.K.E.R. 2. Dans un immeuble abandonné, le joueur découvre cette fresque représentant le grand poète ukrainien Taras Chevtchenko, surmontée du titre d’un de ses textes les plus célèbres : « Aux morts, aux vivants et à ceux qui ne sont pas encore nés ».
Daitoou/Reddit
Les jeux vidéo ukrainiens racontent la guerre, mettent en valeur le patrimoine, mobilisent des soutiens et renforcent le rayonnement culturel du pays.
La conquête de la Sibérie par Ermak, tableau de Vassili Sourikov peint en 1895, représente une bataille en 1582 entre les forces russes conduites par Ermak, un chef cosaque au service d’Ivan le Terrible, et l’armée du khanat de Sibérie.
Musée Russe (Saint-Pétersbourg)
Caucase du Nord, Tatarstan, Bouriatie, Iakoutie… : bien des régions de la Fédération de Russie ont été conquises par la force au cours des siècles.
Bataille entre les Slaves et les Scythes (1881), Viktor Vasnetsov. Le tableau a été commandé au célèbre peintre russe par un mécène afin de décorer le bâtiment des chemins de fer de la ville de Donetsk, ville ukrainienne annexée par la Russie en 2022. En réalité, aucun affrontement entre ces deux peuples ne s’est jamais produit.
Musée Tretiakov, Moscou
La guerre russo-ukrainienne se déploie aussi dans les querelles entre milieux d’extrême droite des deux pays, chacun présentant le sien comme le territoire d’origine des « vrais » Indo-Européens.
Photo prise à Bangui le 3 décembre 2024 montrant une statue en bronze de Evgueni Prigojine et Dmitri Outkine devant la « Maison Russe », en République centrafricaine où le groupe Wagner est actif depuis 2018 dans les secteurs minier et sécuritaire.
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Saliou Dieng, Université Numérique Cheikh Hamidou Kane
Le [recrutement d'au moins 1 417 Africains pour le front ukrainien, dénoncé comme un trafic d'êtres humains, entache durablement l'image de la Russie en Afrique.
Deux militaires finlandais disposent des mines antipersonnel dans une forêt lors d’une journée ouverte aux médias organisée par la brigade de Kainuu, une unité de l’armée finlandaise basée à Kajaani, en Finlande, le 3 février 2026. La Finlande a décidé d’utiliser cette arme pour sécuriser sa frontière avec la Russie. Pour cela, Helsinki a dû quitter le traité prohibant les mines antipersonnel.
Alessandro Rampazzo/AFP
Cinq pays d’Europe de l’Est, ainsi que l’Ukraine, se sont récemment retirés du Traité d’Ottawa qui interdit l’emploi des mines antipersonnel.
Affiche de recrutement photographiée en août 2025 à Kalouga (200 km au sud de Moscou) appelant à « rejoindre l’armée des vainqueurs » et promettant aux futurs soldats un salaire allant jusqu’à 5 millions de roubles (près de 50 000 euros) pour la première année complète.
PhotoChur/Shutterstock
Bonus d’engagement élevés, soldes nettement supérieures à la plupart des salaires accessibles dans le civil… L’État russe ne lésine pas sur les moyens pour attirer de nouvelles recrues.
Des prisonniers de guerre russes marchent dans un centre de détention pour prisonniers de guerre russes situé dans l'ouest de l'Ukraine, le 26 novembre 2025.
Genya SAVILOV / AFP via Getty Images
La peur d’une guerre nucléaire totale a longtemps dominé les analyses stratégiques. Mais un autre scénario se dessine : une guerre mondiale « sous le seuil », sans recours immédiat à l’arme nucléaire.
Analyste en géopolitique, membre associé au Laboratoire de Recherche IAE Paris - Sorbonne Business School, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, chaire « normes et risques », IAE Paris – Sorbonne Business School
Maitre de conférences en sciences de la communication, Chercheur au PREFICS (Plurilinguismes, Représentations, Expressions Francophones, Information, Communication, Sociolinguistique), Université Rennes 2
Marie Skłodowska Curie Postdoctoral Fellow at the University of Oslo, Docteur en science politique associé au Centre de recherche Europes-Eurasie (CREE) de l'INALCO, Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco)