Dans un café d’Alep, en juin 2025, pendant une intervention télévisée d’Ahmed Al-Charaa, ancien commandant du groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTC) et président de la Syrie depuis le 29 janvier de la même année.
Omar Haj Kadour/AFP
Léo Fourn, Institut de recherche pour le développement (IRD) and Laura Ruiz de Elvira, Institut de recherche pour le développement (IRD)
Certains sont restés vivre à l’étranger après avoir fui la Syrie, d’autres sont rentrés et tentent de jouer un rôle dans le nouveau pays : étude de cinq cas emblématiques.
Le patrimoine exceptionnel qu’ont laissé sur le territoire syrien les empires et dynasties qui s’y sont succédé est aujourd’hui soumis au pillage, aux trafics et aux destructions.
Des femmes manifestent contre la déclaration constitutionnelle récemment annoncée par le gouvernement intérimaire de la Syrie, dans la ville de Qamishly, dans le nord-est de la Syrie, le 15 mars 2025. La veille, l’administration de cette région dirigée par les Kurdes a critiqué ce texte en affirmant qu’il ne reflétait pas la diversité du pays. Le nouveau gouvernement se dit « inclusif », mais saura-t-il, et voudra-t-il, établir le cadre institutionnel nécessaire à l’instauration d’une société unie et pacifique ?
Delil Souleiman/AFP
La Syrie possède un président par intérim, un gouvernement de transition et même une « déclaration constitutionnelle », prélude à une nouvelle Loi fondamentale. Mais la plus grande prudence reste de mise.
Des représentants de la société civile syrienne réfléchissent à des stratégies pour s’assurer que leur pays ne retourne pas à l’autoritarisme, dans une scène inimaginable sous le régime du président Bachar al-Assad, dans la cour d’une maison traditionnelle du vieux Damas, le 6 janvier 2025. Depuis que les rebelles islamistes ont chassé le dirigeant historique le mois dernier, les espaces publics de la capitale syrienne sont animés par des réunions de la société civile qui étaient auparavant interdites. Les militants en exil sont revenus dans le pays pour la première fois depuis des années, ce qui a souvent donné lieu à des retrouvailles émouvantes avec des amis restés au pays pendant la guerre civile.
Louai Beshara/AFP
Trois mois après la chute de Bachar al-Assad, la société civile syrienne, y compris les anciens réfugiés revenus dans le pays, peine à jouer un rôle de premier plan dans la construction de la nouvelle Syrie.
Des femmes brandissent des photos de victimes de la récente vague de violence qui a visé la minorité alaouite de Syrie, lors d’une manifestation dans la ville de Qamishli (nord-est de la Syrie), le 11 mars 2025.
DelilSouleiman/AFP
Dans l’ouest de la Syrie, des milliers d’alaouites ont été massacrés, depuis début mars, par des forces du régime et des supplétifs. Un carnage qui n’est peut-être pas terminé.
Le 8 décembre 2024, à Istanbul, des ressortissants syriens célèbrent la chute du régime de Bachar Al-Assad en brandissant un portrait du président turc Recep Tayyip Erdogan.
KemalAslan/AFP
La Turquie est présentée comme la grande gagnante de la chute de Bachar Al-Assad. Et pour cause : elle est désormais la principale alliée du nouveau pouvoir syrien.
Des femmes brandissent des drapeaux syriens pour célébrer la chute du régime Assad dans un restaurant de Damas, en Syrie, en décembre 2024.
(AP Photo/Omar Sanadiki)
La chute du régime syrien est un coup dur pour la République islamique d’Iran. Le départ de Bachar Al-Assad aura d’importantes conséquences pour l’économie iranienne déjà affaiblie.
Un homme piétine un portrait endommagé du président syrien déchu Bachar Al-Assad dans la ville portuaire de Lattaquié, dans l’ouest de la Syrie, le 15 décembre 2024.
Ozan Kose/AFP
Retour sur la chute rapide d’un régime à bout de souffle lâché par ses parrains étrangers.
Le 30 mai 2024, Bachar Al-Assad était à Téhéran, où il rencontrait le Guide suprême Ali Khamenei. Quelques mois plus tard, ce dernier a regardé sans s’engager les rebelles syriens renverser son allié de longue date.
KHAMENEI.IR/AFP
Le fameux « axe de la résistance » qui allait de l’Iran au Hezbollah en passant par l’Irak et la Syrie n’a été d’aucun secours à Bachar Al-Assad. Pour un ensemble de raisons très rationnelles.
Le 9 décembre 2024, à Alep, des personnes montrent des photos de leurs proches ayant été emprisonnés sous l’ancien régime à un homme qui vient d’être libéré de prison, espérant qu’il saura les informer sur leur sort.
Muhammad Haj Kadour/AFP
Léo Fourn, Institut de recherche pour le développement (IRD) and Sarah Alhamed, École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS)
Le « goulag syrien » est en train d’être démantelé. Des milliers de familles syriennes vont enfin découvrir si leurs proches sont encore en vie. Un long processus de justice commence.
Un homme prend un selfie avec sa famille, debout sur un char, à Damas le 9 décembre 2024.
Omar Haj Kaddour/AFP
La joie et le soulagement prédominent en Syrie après la fin de cinquante ans de tyrannie des Assad. Pour autant, la population sait que de nombreux défis l’attendent…
Ce portrait d’Al-Joulani sur fond de drapeau syrien, photographié à Lattaquié le 9 décembre 2024, illustre bien l’idéologie spécifique du chef du groupe islamiste HTS : son combat se veut national, limité à la seule Syrie.
Aaref Watad/AFP
Le djihadisme n’est pas monolithique. Plusieurs courants y coexistent. Analyse de l’idéologie du nouvel homme fort de Damas, qui se focalise sur des objectifs purement nationaux.
Un rebelle tire avec son AK-47 alors qu'il célèbre la prise de la ville de Damas, en Syrie, le 8 décembre 2024.
(AP Photo/Hussein Malla)
Quoi qu’il arrive après la chute de la dictature syrienne, il est peu probable que la stabilité revienne en Syrie. les déplacements et les souffrances du peuple syrien risquent de se poursuivre.
Abou Mohammed Al-Joulani, le chef du groupe islamiste syrien Hayat Tahrir al-Cham (HTC), s’adresse à la foule dans la célèbre mosquée des Omeyyades à Damas, le 8 décembre 2024.
Abdulaziz Ketaz/AFP
Une nouvelle ère s’ouvre pour la Syrie et pour le Proche-Orient, porteuse d’espoirs mais aussi de nombreuses inquiétudes.
Des rebelles (véhicule de gauche) provenant de la direction d’Idlib et Alep passent devant un char abandonné par les forces du régime sur la route menant à la ville de Khan Sheikhun, dans le nord-ouest de la province syrienne d’Idlib, le 1er décembre 2024.
Omar Haj Kadour/AFP
Une coalition de rebelles a repris la deuxième plus grande ville de Syrie, Alep, ainsi que la cinquième, Hama, et entend poursuivre son effort vers le sud, direction Damas.
Affiche représentant Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah tué par Israël au Liban, avec un message de condoléances signé par le président syrien Bachar Al-Assad, à Damas, le 1er octobre 2024. Pour l’heure, le régime syrien n’est pas allé très loin dans l’appui à son vieil allié du Hezbollah.
Louai Beshara/AFP
Le régime de Damas, déterminé à revenir au sein du concert des nations arabes, ne se risque pas pour autant à s’impliquer pleinement dans la guerre au Liban et à Gaza.
Bachar Al-Assad au centre de la « photo de famille » d’un sommet de la Ligue arabe en 2009. Une image que l’on reverra dans les tout prochains jours…
Marwan Naamani/AFP
Après onze ans de suspension, la Syrie vient d’être réintégrée à la Ligue arabe. Pour cette influente organisation régionale, Bachar Al-Assad n’est plus un paria.
Bachar Al-Assad à l’Élysée le 9 décembre 2010. Le président syrien avait été traité en paria pendant plusieurs années auparavant, pour son rôle supposé dans l’assassinat en 2005 du premier ministre libanais Rafic Hariri. Il le sera de nouveau à partir de 2011.
Franck Fife/AFP
Bachar Al-Assad, Kim Jong‑un, Vladimir Poutine aujourd’hui, Mouammar Kadhafi, Fidel Castro et bien d’autres hier : de nombreux infréquentables deviennent un jour fréquentables, et inversement.
Dan Stoenescu, chef de la délégation de l’UE pour la Syrie, lors d’un déplacement sur les territoires contrôlés par le régime de Damas, effectué à bord d’un avion du Programme alimentaire mondial, le 8 août 2022.
Dan Stoenescu/Facebook
Docteure en relations internationales, maitresse de conférences en science politique à l'Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA), chercheure associée au Collège de France, chercheure associée au centre Thucydide, Université Paris-Panthéon-Assas
Doctorant en géographie, membre de l'équipe Monde arabe et Méditerranée, UMR Citeres et membre de l'axe Migration et Mobilité de l'Institut français d'études anatoliennes à Istanbul, Université de Tours
Chercheur postdoctoral au Mellon Fellowship Program, Columbia Global Centers, Amman. Membre associé à l'Institut de philosophie de Grenoble, New University In Exile Consortium