Sit-in silencieux, organisé à l’appel de la société civile, de chrétiens et de commerçants touchés par une décision officielle interdisant la vente de boissons alcoolisées sauf dans certains lieux spécifiques. Les manifestants exigent la fin de l’ingérence de l’État dans les libertés individuelles et de la division sectaire de la société ( Bab Touma, Damas, le 22 mars 2026).
Louai Beshara/AFP
Imad Khillo, Sciences Po Grenoble - Université Grenoble Alpes
À Damas, la consommation publique d’alcool est désormais interdite et sa vente, très limitée. Une décision qui, sans le dire, prend pour cible la minorité chrétienne.
Des ressortissants iraniens arrivent dans le nord-est de la Turquie après avoir passé la frontière à Razi-Kapikoy, près de Van, le 2 mars 2026. La Turquie, qui abrite déjà trois millions de Syriens sur son sol, craint un afflux massif de réfugiés en provenance d’Iran si la guerre continue longtemps.
Ali Ihsan Ozturk/AFP
Membre de l’Otan, hostile à bien des égards à l’Iran qu’elle a longuement affronté par « proxys » interposés en Syrie, la Turquie ne souhaite pas pour autant une chute de la République islamique.
Dans un café d’Alep, en juin 2025, pendant une intervention télévisée d’Ahmed Al-Charaa, ancien commandant du groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTC) et président de la Syrie depuis le 29 janvier de la même année.
Omar Haj Kadour/AFP
Léo Fourn, Institut de recherche pour le développement (IRD) and Laura Ruiz de Elvira, Institut de recherche pour le développement (IRD)
Certains sont restés vivre à l’étranger après avoir fui la Syrie, d’autres sont rentrés et tentent de jouer un rôle dans le nouveau pays : étude de cinq cas emblématiques.
Les forces gouvernementales syriennes empruntent une route pour entrer dans la ville à majorité kurde de Qamishli, le 3 février 2026.
Bakr Alkasem/AFP
Pierre Firode, Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
Les Kurdes de Syrie n’ont guère bénéficié de leur lutte acharnée contre Daech : le nouveau régime syrien est sur le point de totalement résorber leur autonomie, sans que les Occidentaux ne s’en émeuvent.
Pour survivre, les petites entreprises syriennes ont dû accepter de travailler avec toutes les autorités en place, que ce soit le régime de Bachar Al-Assad, l’État islamique ou les groupes d’opposition.
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Malgré la guerre, les petites et moyennes entreprises de Syrie ont réussi à maintenir une activité économique. Comment expliquer un tel paradoxe ?
Cette photo prise lors d’une visite organisée pour les médias montre des armements qui auraient été saisis par les forces israéliennes à Gaza, au Liban et en Syrie, exposés à la base militaire israélienne de Tzrifin, le 30 décembre 2025.
Jack Guez/AFP
Au prétexte d’assurer sa sécurité dans son entourage immédiat, Israël se montre de plus en plus interventionniste dans les États voisins, spécialement au Liban et en Syrie.
Ahmad al-Charaa salue le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammad ben Salmane, sous les yeux de Donald Trump, le 14 mai 2025 à Riyad. L’ancien paria, dont la tête a longtemps été mise à prix par les États-Unis, a rencontré au cours de l’année écoulée la majeure partie des dirigeants des puissances du Proche-Orient, mais aussi Trump et Poutine, et s’est exprimé à la tribune de l’ONU.
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Pierre Firode, Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
Le nouveau président syrien a donné des gages aux puissances régionales et internationales. L’objectif premier est de s’assurer qu’elles lui laisseront les coudées franches dans sa politique très dure envers les minorités.
Célébrations du premier anniversaire de la chute du régime de Bachar Al-Assad à Damas, le 8 décembre 2025.
Louai Beshara/AFP
Léo Fourn, Institut de recherche pour le développement (IRD)
La société civile occupe désormais une place importante en Syrie, entre participation au gouvernement, action humanitaire et vigilance à l’égard du nouveau pouvoir.
Bina Diarra, porte-parole du JNIM, s’adresse en bambara aux Maliens dans une vidéo publiée en novembre 2025.
Capture d'écran X (anciennement Twitter)
Pierre Firode, Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
En Syrie, les djihadistes de HTC ont pris le pouvoir après avoir focalisé leur lutte sur leur seul pays. Au Mali, les djihadistes du JNIM semblent s’inspirer de cet exemple.
Telegram est une application de messagerie et d’appels vocaux, créée en 2013 par les frères Nikolaï et Pavel Durov. En 2025, elle compte 950 millions d’utilisateurs.
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Utilisé dans de nombreux conflits, Telegram sert de canal pour diffuser infos, propagande et images de guerre, souvent de manière brute, sans aucune modération ni contexte.
Le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue saoudien le prince Fayçal ben Farhane Al Saoud, lors de leur conférence de presse commune à Moscou, le 4 juillet 2025.
Evgenia Novozhenina/AFP
Le patrimoine exceptionnel qu’ont laissé sur le territoire syrien les empires et dynasties qui s’y sont succédé est aujourd’hui soumis au pillage, aux trafics et aux destructions.
Souweïda, 21 juillet 2025. Après le cessez-le-feu, ce combattant s’incline devant une stèle de fortune, drapée des couleurs du peuple druze, dressée en hommage au cheikh Marha Chahine (80 ans) qui figure parmi les victimes des affrontements.
Shadi Al-Dubaisi/AFP
Les affrontements entre druzes et bédouins survenus dans la province de Souweïda annoncent-ils une confessionnalisation des conflits dans la Syrie post-Assad ?
Debout sur la statue renversée de Hafez Al-Assad, qui surplombait la ville de Deir Atiyeh, dans le Qalamoun (ouest du pays)… La Chute, de Mohamad Khayata, installation-photo.
Mohamad Khayata
Des combats font rage entre la communauté druze et bédouine au sud de la Syrie, ravivant les pires traumatises de la guerre civile.
Des combattantes peshmergas kurdes d’Iran affiliées au parti séparatiste Parti de la liberté du Kurdistan (PAK) sont photographiées dans une base située dans un lieu non divulgué de la province d'Erbil, capitale de la région autonome kurde du nord de l'Irak en 2022.
Safin Hamid/AFP
Les Kurdes vivent en Iran, en Irak, en Syrie et en Turquie : la guerre entre Israël et l’Iran les a inquiétés, mais, pour certains, leur a parfois aussi donné quelques espoirs.
Atelier sur le pont de l’Ocean Viking.
Morgane Dujmovic
Morgane Dujmovic, Centre national de la recherche scientifique (CNRS)
À bord de l’« Ocean Viking » pendant un an, une chercheuse a recueilli les récits de 110 personnes secourues en Méditerranée centrale. Premier épisode : la méthodologie.
Des réfugiés syriens chargent leurs affaires sur une voiture et se préparent à quitter le camp Jordan-Emirati à Azraq, à l’est d’Amman, pour retourner à Deraa, dans le sud de la Syrie, le 3 juin 2025.
Khalil Mazraawi/AFP
La chute du régime Assad fin 2024 a relancé le débat sur le retour au pays des centaines de milliers de Syriens réfugiés en Jordanie, parfois depuis plus de dix ans.
Des femmes manifestent contre la déclaration constitutionnelle récemment annoncée par le gouvernement intérimaire de la Syrie, dans la ville de Qamishly, dans le nord-est de la Syrie, le 15 mars 2025. La veille, l’administration de cette région dirigée par les Kurdes a critiqué ce texte en affirmant qu’il ne reflétait pas la diversité du pays. Le nouveau gouvernement se dit « inclusif », mais saura-t-il, et voudra-t-il, établir le cadre institutionnel nécessaire à l’instauration d’une société unie et pacifique ?
Delil Souleiman/AFP
La Syrie possède un président par intérim, un gouvernement de transition et même une « déclaration constitutionnelle », prélude à une nouvelle Loi fondamentale. Mais la plus grande prudence reste de mise.
Pendant que les manifestations battent leur plein en Turquie, le ministre turc des affaires étrangères Hakan Fidan effectue de longues tournées à l’étranger où il rencontre ses homologues – ici, le Français Jean-Noël Barrot, le 2 avril à Paris, quelques jours après un entretien avec le secrétaire d’État des États-Unis Marco Rubio.
Ministère turc des affaires étrangères/AFP
Nora Seni, École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS)
Partenaire d’importance pour une Europe focalisée sur sa défense aussi bien que pour les États-Unis, qui voient en elle un acteur majeur au Proche-Orient, la Turquie d’Erdogan peut tranquillement réprimer à l’intérieur.
Professeur agrégé de géographie, membre du laboratoire Médiations (Sorbonne Université), Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay