Les banques centrales sont des seigneurs qui peuvent mal gouverner leur royaume. La conséquence ? Les faillites. Après une période d’hyperinflation, les habitants du Zimbabwe s’échangent des billets de centaines de mille milliards de dollars.
Natali Glado/Shutterstock (no reuse)
Une banque centrale a un pouvoir de seigneuriage, hérité du Moyen Âge. Elle peut créer de façon illimitée de la monnaie. Comment est-il alors possible qu’elle fasse éventuellement faillite ?
Le séisme du 24 juin 2026 a réduit des bâtiments en ruines, piégeant et tuant des habitants à Caracas, au Venezuela, ainsi que dans les communautés voisines.
Manaure Quintero/AFP
Sylvain Barbot, USC Dornsife College of Letters, Arts and Sciences
La faille qui a rompu au Venezuela présente un mouvement et des risques similaires à celle de San Andreas en Californie. Elles ont toutes deux déjà été à l’origine, par le passé, de séismes d’une violence extrême.
Monceaux de déchets à La Havane en janvier 2026.
(AP Photo/Ramon Espinosa)
Cuba est au bord d’une des pires catastrophes sociales et économiques depuis la révolution de 1959. Si la communauté internationale l’ignore, on assistera à un cauchemar humanitaire.
Raffinerie d’El Palito, dans l’État de Carabobo au Venezuela, le 22 janvier 2026.
Ronaldo Schemidt/AFP
Relancer le pétrole vénézuélien, parmi les plus polluants au monde, revient à miser sur l’échec de la transition énergétique et à exposer l’économie à un double risque climatique et financier.
Les promesses de Donald Trump en matière d’énergie, et de pétrole en particulier, sont-elles cohérentes ? (Sur la photo, un puits de pétrole à Johnstown, Colorado, États-Unis).
Rexjaymes/Shutterstock
Les promesses de la politique énergétique de Donald Trump sont-elles tenables ? Ou peut-il satisfaire à la fois le citoyen et le pétrolier ?
Cette image générée par IA a été publiée par Donald Trump sur son compte TruthSocial le représente en compagnie de plusieurs leaders européens devant une carte où le Canada, le Groenland et le Venezuela sont couverts du drapeau des États-Unis. Le message est clair : les alliés, ou supposés tels, sont placés devant le fait accompli et doivent s’incliner devant la force de Washington.
@realDonaldTrump/TruthSocial
L’ordre mondial libéral reposait sur un système de normes qui, si elles n’étaient pas toujours respectées, offraient tout de même un cadre à l’action des États. Ce temps est révolu.
Sur cette pancarte brandie lors de la Marche pour la souveraineté et la démocratie à Medellín, en Colombie, le 7 janvier 2026, Simon Bolivar, héros de l’indépendance colombienne et vénézuélienne, assène un coup de poing à Donald Trump. Le 5 janvier, le président colombien Gustavo Petro s’était déclaré prêt à « prendre les armes » face aux menaces de Donald Trump, qui venait de capturer Nicolas Maduro à l’issue d’une opération commando accompagnée de bombardements sur le territoire vénézuélien.
Jaime Saldarriaga
Simon Bolívar, par sa vie et par les effets à long terme de son action, est devenu un mythe qu’on ne peut certainement pas réduire à l’aventure chaviste.
Il fut un temps où les deux pays réglaient leurs désaccords devant l’OMC, et où Washington acceptait une décision qui lui était défavorable…
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Il y a trente ans, l’OMC tranchait un différend commercial en faveur de Caracas au détriment de Washington. Depuis, le multilatéralisme s’est plus qu’effrité…
En 2007, Hugo Chavez affirmait que « le pétrole appartient à tous les Vénézuéliens ».
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Hugo Chavez et Nicolas Maduro ont longtemps résisté aux tentatives des États-Unis d’influencer la politique vénézuélienne et d’exercer le contrôle de ses réserves pétrolières.
Dans ce tableau de 1954, Diego Rivera dépeint l'invasion suivie du coup d'état au Guatemala orchestrée par la Central Intelligence Agency (CIA), qui a conduit à la chute du gouvernement réformiste de Jacobo Arbenz.
musée Pouchkine/Wikicommon
L’éviction de Jacobo Árbenz au Guatemala en 1954 rappelle que l’usage de la force américaine en Amérique latine n’est pas nouveau. Mais les méthodes, elles, ont changé.
Ce croquis réalisé dans la salle d’audience de la Daniel-Patrick-Moynihan United States Courthouse montre l’ancien président du Venezuela Nicolas Maduro (au centre), assistant à sa comparution devant le tribunal fédéral, le 5 janvier 2026 à New York, accompagné de ses avocats Barry Pollack (à gauche) et Mark Donnelly (à droite).
Jane Rosenberg/AFP
L’arrestation de Nicolas Maduro révèle que la légitimité politique contemporaine se construit moins par le droit ou la force que par la capacité à imposer un récit et une vision du monde.
Donald Trump assiste à la capture du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro, entouré du directeur de la CIA John Ratcliffe (à gauche) et du secrétaire d’État Marco Rubio (Mar-a-Lago, Floride, nuit du 2 au 3 janvier 2026).
Site officiel de la Maison Blanche
L’action de Trump au Venezuela ne peut qu’encourager la Russie et la Chine à se sentir en droit de gérer comme elles le souhaitent leurs « prés carrés » respectifs.
Un important incendie s’est déclaré à Fuerte Tiuna, le plus grand complexe militaire du Venezuela, après les frappes de l’armée des États-Unis à Caracas le 3 janvier 2026.
STR/AFP
Le droit international ne laisse guère de place au doute : l’opération conduite par les États-Unis enfreint de nombreuses règles établies, que Washington est censé respecter.
Les États-Unis ont saisi mercredi 7 janvier un pétrolier lié à la Russie dans l’Atlantique Nord, après l’avoir poursuivi depuis le large des côtes vénézuéliennes, lors d’une opération dénoncée par Moscou.
Handout/AFP
Navire sans pavillon, puis sous pavillon russe, l’arraisonnement du « Marinera/Bella-1 » par les garde-côtes américains soulève une question complexe du droit de la mer.
Cette image tirée d'une vidéo montre l'ex-président vénézuélien Nicolas Maduro descendant d'un hélicoptère alors qu'il se rend au tribunal fédéral de Manhattan, le 5 janvier 2026, à New York.
(WABC via AP)
De par son modus operandi, l’opération américaine au Venezuela est totalement inusitée. Et la suite s’annonce périlleuse pour Donald Trump.
Un drapeau mêlant ceux des États-Unis et du Venezuela est brandi lors d’un service religieux spécial à la paroisse Saint-Thomas-d’Aquin à Boston (Massachusetts), le 4 janvier 2026.
Joseph Prezioso/AFP
S’il est encore possible que le chavisme se maintienne sous une forme ou sous une autre, le plus probable est la mise en place d’une ingérence institutionnalisée de Washington dans la vie politique et économique du Venezuela.
Pancarte représentant Nicolas Maduro (et son prédécesseur Hugo Chavez) brandie lors d’une manifestation de soutien au régime à Caracas, le 4 janvier 2026, au lendemain de la capture du président vénézuélien par les États-Unis.
Juan Barreto/AFP
Robert Muggah, Instituto Igarapé; Princeton University
Donald Trump a déclaré que les États-Unis « dirigeraient » le Venezuela jusqu’à ce qu’une « transition sûre, appropriée et judicieuse » puisse se produire.
Donald Trump et son homologue vénézuélien Nicolas Maduro se sont copieusement insultés, mais ont aussi eu il y a quelques jours un entretien téléphonique « cordial ». Alors que les États-Unis semblent prêts à effectuer une campagne de frappes — si ce n’est une intervention terrestre — pour faire chuter le régime de Caracas, ce dernier peut-il tenir ?
Kamil Krzaczynski/AFP
Alors que Donald Trump exige qu’il démissionne, Nicolas Maduro refuse pour l’instant de quitter le pouvoir. Washington brandit la menace d’une intervention armée.
Cette capture d’écran, issue d’une vidéo publiée par Donald Trump sur son compte Truth Social, montre, selon lui, une frappe des forces armées des États-Unis contre un bateau transportant des trafiquants de drogue en mer des Caraïbes, le lundi 15 septembre 2025.
Compte de Donald Trump sur Truth Social/AFP
Jeffrey Fields, USC Dornsife College of Letters, Arts and Sciences
L’administration Trump affirme que le gouvernement Maduro serait derrière le trafic de drogue à destination des États-Unis. Une opération de « regime change » se profile-t-elle ?
La future Prix Nobel de la paix lors d’une manifestation hostile au président Nicolas Maduro à Caracas, le 9 janvier 2025.
Juan Barreto/AFP
La désignation de l’opposante vénézuélienne constitue une sorte de victoire par procuration pour le président des États-Unis, à qui elle a dédié son prix.
Politiste, historien des idées, chercheur associé EPHE, professeur de science politique à l'Université de Mons, Agence Universitaire de la Francophonie (AUF)