Il y a 200 ans, les décembristes ont failli emmener la Russie dans une voie très différente de celle que le pays allait suivre…
Allégorie de la victoire de Catherine la Grande sur les Turcs et les Tatars par le peintre italien Stefano Torelli, 1772. Ce tableau est exposé à la Galerie Tretiakov à Moscou.
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Le concept de despotisme impérial offre une clé de compréhension de certaines dynamiques à l’œuvre dans la politique à la fois extérieure et intérieure de la Russie depuis plusieurs siècles.
« L’empereur Nicolas Ier annonce à sa garde le déclenchement de l’insurrection de novembre en Pologne », tableau du peintre allemand Georg Benedikt Wunder (1786–1858). Les similitudes entre la répression en 1830 de l’insurrection polonaise par l’Empire russe et l’intervention actuelle en Ukraine ne sont pas les seuls parallèles existant entre la Russie décrite par Custine en 1839 et celle d’aujourd’hui.
Georg Benedikt Wunder
Dans quelle mesure les « Lettres de Russie » publiées par le marquis Astolphe de Custine en 1839 peuvent-elles encore nous éclairer sur la Russie contemporaine ?
Mémorial improvisé en l’honneur d’Alexeï Navalny, sur le monument aux victimes des répressions politiques à Saint-Pétersbourg le 16 février 2024. Des centaines de personnes ont été arrêtées en Russie pour avoir déposé des fleurs ou brandi des pancartes dénonçant la mort de l’opposant.
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Le nom d’Alexeï Navalny est venu s’inscrire dans la longue liste de martyrs dont fourmille l’histoire de la Russie, où le sacrifice individuel est partie intégrante de la psyché nationale.
Détail du monument à Lénine installé place Kaloujskaïa à Moscou.
YuryKara/Shutterstock
Un ouvrage récent souligne le rôle, souvent méconnu, des femmes dans l’avènement de la Russie soviétique.
Vladimir Poutine s’apprête à recevoir les membres de la Communauté des États indépendants (CEI) lors de son sommet annuel à la résidence présidentielle du palais Konstantin à Strelna, le 28 décembre 2021.
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Un récent ouvrage permet de mieux comprendre le concept russe d’« étranger proche », et la façon dont la Russie perçoit ses voisins, anciens membres de l’Union soviétique.
Collier-pectoral en or du Kourgane royal d'Ordjonikidze (Ukraine). Art gréco-scythe, seconde moitié du ive siècle av. J.-C., musée des trésors historiques de l'Ukraine, Kiev.
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Autour de ces objets d’art se joue une querelle muséale, culturelle et mémorielle qui ouvre une nouvelle ligne de front dans le sanglant conflit russo-ukrainien.
Deux rééditions de “Maroussia” de P.-J. Stahl, en Bibliothèque rouge et or et dans Les Romans du livre d'or, datées du XXe siècle.
Adaptée en 1875 en France, la légende de Maroussia, qui s’engage pour l’indépendance de l’Ukraine, fait partie des grands succès de littérature de jeunesse. Retour sur ses lectures et relectures.
Scène de l'escalier d'Odessa dans “Le Cuirassé Potemkine”.
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Raconter l’histoire cinématographique d’Odessa, aujourd’hui au centre de l’attention mondiale, c’est aussi raconter l’histoire de l’Europe contemporaine.
Le 18 mars 2022, au stade Loujniki à Moscou, Vladimir Poutine prononce un discours à l’occasion du huitième anniversaire de l’annexion de la Crimée, sous des slogans proclamant « Pour un monde sans nazisme » et « Pour la Russie » – en employant la lettre Z, qui n’existe pas dans l’alphabet russe.
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Le discours du Kremlin diffuse une vision de la « Russie éternelle » par des moyens tout à fait post-modernes.
Une femme tient une pancarte avec les mots « la langue est une arme » écrits en ukrainien lors d'une manifestation en 2020 contre un projet de loi visant à élargir l'utilisation du russe dans l'enseignement public ukrainien.
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Pour les nationalistes russes, la langue ukrainienne est classée comme un dérivé de la langue russe, et l’invasion ressemble moins à un acte d’agression qu’à une réintégration.
Le monument de Volodymyr le Grand, érigé en 1853, à Kiev. Volodymyr était un chef de guerre qui est devenu le premier souverain russe à se convertir au christianisme à la fin des années 900. Une statue similaire a été érigée à Moscou en 2016 pour contrer celle de l'Ukraine.
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Jean Lévesque, Université du Québec à Montréal (UQAM)
Malgré une origine commune, Russie et Ukraine ont connu une histoire conflictuelle qui s’est envenimée depuis 2014. L’invasion russe peut jouer un rôle tragique de catalyseur de l’identité ukrainienne.
Vladimir Poutine salue les représentants des nombreuses confessions religieuses présentes en Russie sur la place Rouge à Moscou, le 4 novembre 2019, jour de l'Unité nationale.
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La Russie n’est pas un État-nation. Elle compte en son sein de nombreuses minorités ethniques et religieuses, qui tentent de trouver leur place dans un ensemble dominé par les Russes ethniques.
Les deux pays ne s'affrontent pas uniquement sur le terrain militaire, mais aussi sur le terrain historique.
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Le conflit qui oppose la Russie à l’Ukraine n’est pas seulement territorial. Les deux pays mettent en effet aux prises deux visions très différentes de l’histoire des mille dernières années.
Alexeï Navalny pendant son procès en mars 2022, qui s'est soldé par sa condamnation à neuf années supplémentaires de prison, tenu dans la colonie pénitentiaire où il était déjà détenu depuis février 2021. L'année suivante, il sera condamné à une nouvelle peine portant le total de ses années à purger à dix-neuf.
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Comme l'empire tsariste et l'Union soviétique, la Russie de Vladimir Poutine s'efforce de maintenir une apparence d'indépendance judiciaire dans la condamnation des gêneurs.
Funérailles d’Anastassia, l'épouse d'Ivan le Terrible, en 1560, très probablement morte empoisonnée — théorie que semble confirmer la coupe qu’elle tient à la main.
Chronique illustrée d’Ivan le Terrible, ou Chronique des Visages, vers 1570. Département des manuscrits, Bibliothèque nationale de Russie, Saint-Pétersbourg.
L’empoisonnement de l’opposant Alexeï Navalny s’inscrit dans une histoire longue de plusieurs siècles : des tsars à nos jours, le poison a été l’une des armes privilégiées des dirigeants russes.
Une peinture murale à Cracovie, à l'occasion du Conrad festival.
czytelniczy.pl
Piotr Bilos, Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco)
Retour sur le parcours exceptionnel de cet écrivain d’origine polonaise, passé maître dans l’art de franchir les frontières littéraires et géographiques.
Banderole : « À bas les soviets ! » Affiche caricaturant les quatre symboles des ennemis de la révolution (le militaire de l'ancien régime, le bourgeois, le religieux et le paysan riche), Dimitri Moor, « Qui est contre les soviets », 1919.
BDCI, 'Et 1917 devient révolution...'
Alain Blum, École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS)
La révolution russe reste, un siècle plus tard, un moment de crispation difficile à analyser. Une exposition en France revient sur ce moment clef devenu modèle adulé ou rejeté dans le monde.
Le Mausolée de Lénine, sur la place Rouge à Moscou.
Manuel Menal/Flickr
Depuis 2012, on assiste à l’avènement en Russie d’une mémoire post-moderne capable de considérer le tsar Nicolas II comme un saint et garder simultanément le mausolée de Lénine sur la Place rouge.
Marie Skłodowska Curie Postdoctoral Fellow at the University of Oslo, Docteur en science politique associé au Centre de recherche Europes-Eurasie (CREE) de l'INALCO, Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco)
Professeur des universités à l'Inalco, Paris, spécialiste de littérature et de civilisation polonaise/s, Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco)