Des représentants de la société civile syrienne réfléchissent à des stratégies pour s’assurer que leur pays ne retourne pas à l’autoritarisme, dans une scène inimaginable sous le régime du président Bachar al-Assad, dans la cour d’une maison traditionnelle du vieux Damas, le 6 janvier 2025. Depuis que les rebelles islamistes ont chassé le dirigeant historique le mois dernier, les espaces publics de la capitale syrienne sont animés par des réunions de la société civile qui étaient auparavant interdites. Les militants en exil sont revenus dans le pays pour la première fois depuis des années, ce qui a souvent donné lieu à des retrouvailles émouvantes avec des amis restés au pays pendant la guerre civile.
Louai Beshara/AFP
Trois mois après la chute de Bachar al-Assad, la société civile syrienne, y compris les anciens réfugiés revenus dans le pays, peine à jouer un rôle de premier plan dans la construction de la nouvelle Syrie.
Des femmes brandissent des photos de victimes de la récente vague de violence qui a visé la minorité alaouite de Syrie, lors d’une manifestation dans la ville de Qamishli (nord-est de la Syrie), le 11 mars 2025.
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Dans l’ouest de la Syrie, des milliers d’alaouites ont été massacrés, depuis début mars, par des forces du régime et des supplétifs. Un carnage qui n’est peut-être pas terminé.
Ahmed al-Charaa, longtemps mieux connu sous son nom de djihadiste Abou Mohammed al-Joulani (en costume noir, sous le drapeau syrien), rencontre des notables à Tartous le 25 janvier 2025.
Présidence syrienne/AFP
Pierre Firode, Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
Respectivement leader religieux chiite et ancien chef djihadiste sunnite, l’Irakien Moqtada al-Sadr et le Syrien Ahmed al-Charaa puisent volontiers dans le registre du nationalisme arabe.
Le 8 décembre 2024, à Istanbul, des ressortissants syriens célèbrent la chute du régime de Bachar Al-Assad en brandissant un portrait du président turc Recep Tayyip Erdogan.
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La Turquie est présentée comme la grande gagnante de la chute de Bachar Al-Assad. Et pour cause : elle est désormais la principale alliée du nouveau pouvoir syrien.
Des femmes brandissent des drapeaux syriens pour célébrer la chute du régime Assad dans un restaurant de Damas, en Syrie, en décembre 2024.
(AP Photo/Omar Sanadiki)
La chute du régime syrien est un coup dur pour la République islamique d’Iran. Le départ de Bachar Al-Assad aura d’importantes conséquences pour l’économie iranienne déjà affaiblie.
Un homme piétine un portrait endommagé du président syrien déchu Bachar Al-Assad dans la ville portuaire de Lattaquié, dans l’ouest de la Syrie, le 15 décembre 2024.
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Retour sur la chute rapide d’un régime à bout de souffle lâché par ses parrains étrangers.
Des hommes armés se tiennent sur le toit d'un bâtiment pour repousser les pillards du complexe de logements militaires de Najha, dans le sud-est de Damas, le 17 décembre 2024. Le nouveau pouvoir a déjà fort à faire à l'intérieur : il va donc devoir se montrer particulièrement diplomate face à ses voisins, qui sont tous plus puissants que lui sur le plan militaire.
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Le nouveau régime de Damas doit ménager les intérêts divergents des puissances arabes (Arabie saoudite, Jordanie, Égypte) et de la Turquie, tout en évitant toute confrontation directe avec Israël.
Le 30 mai 2024, Bachar Al-Assad était à Téhéran, où il rencontrait le Guide suprême Ali Khamenei. Quelques mois plus tard, ce dernier a regardé sans s’engager les rebelles syriens renverser son allié de longue date.
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Le fameux « axe de la résistance » qui allait de l’Iran au Hezbollah en passant par l’Irak et la Syrie n’a été d’aucun secours à Bachar Al-Assad. Pour un ensemble de raisons très rationnelles.
Le 9 décembre 2024, à Alep, des personnes montrent des photos de leurs proches ayant été emprisonnés sous l’ancien régime à un homme qui vient d’être libéré de prison, espérant qu’il saura les informer sur leur sort.
Muhammad Haj Kadour/AFP
Léo Fourn, Institut de recherche pour le développement (IRD) and Sarah Alhamed, École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS)
Le « goulag syrien » est en train d’être démantelé. Des milliers de familles syriennes vont enfin découvrir si leurs proches sont encore en vie. Un long processus de justice commence.
Un homme prend un selfie avec sa famille, debout sur un char, à Damas le 9 décembre 2024.
Omar Haj Kaddour/AFP
La joie et le soulagement prédominent en Syrie après la fin de cinquante ans de tyrannie des Assad. Pour autant, la population sait que de nombreux défis l’attendent…
Ce portrait d’Al-Joulani sur fond de drapeau syrien, photographié à Lattaquié le 9 décembre 2024, illustre bien l’idéologie spécifique du chef du groupe islamiste HTS : son combat se veut national, limité à la seule Syrie.
Aaref Watad/AFP
Le djihadisme n’est pas monolithique. Plusieurs courants y coexistent. Analyse de l’idéologie du nouvel homme fort de Damas, qui se focalise sur des objectifs purement nationaux.
Un rebelle tire avec son AK-47 alors qu'il célèbre la prise de la ville de Damas, en Syrie, le 8 décembre 2024.
(AP Photo/Hussein Malla)
Quoi qu’il arrive après la chute de la dictature syrienne, il est peu probable que la stabilité revienne en Syrie. les déplacements et les souffrances du peuple syrien risquent de se poursuivre.
Abou Mohammed Al-Joulani, le chef du groupe islamiste syrien Hayat Tahrir al-Cham (HTC), s’adresse à la foule dans la célèbre mosquée des Omeyyades à Damas, le 8 décembre 2024.
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Une nouvelle ère s’ouvre pour la Syrie et pour le Proche-Orient, porteuse d’espoirs mais aussi de nombreuses inquiétudes.
Des rebelles (véhicule de gauche) provenant de la direction d’Idlib et Alep passent devant un char abandonné par les forces du régime sur la route menant à la ville de Khan Sheikhun, dans le nord-ouest de la province syrienne d’Idlib, le 1er décembre 2024.
Omar Haj Kadour/AFP
Une coalition de rebelles a repris la deuxième plus grande ville de Syrie, Alep, ainsi que la cinquième, Hama, et entend poursuivre son effort vers le sud, direction Damas.
Affiche représentant Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah tué par Israël au Liban, avec un message de condoléances signé par le président syrien Bachar Al-Assad, à Damas, le 1er octobre 2024. Pour l’heure, le régime syrien n’est pas allé très loin dans l’appui à son vieil allié du Hezbollah.
Louai Beshara/AFP
Le régime de Damas, déterminé à revenir au sein du concert des nations arabes, ne se risque pas pour autant à s’impliquer pleinement dans la guerre au Liban et à Gaza.
Un député du Parti sioniste religieux, Tzvi Sukkot (à gauche), se confronte à un manifestant palestinien à Huwara, en Cisjordanie, le 3 mars 2023,
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L’analyse des conflits à travers la froide logique géopolitique tend parfois à sous-estimer l’importance des émotions des parties prenantes, au premier rang desquelles la colère.
Des jeunes Syriens jouent sur un char détruit de l'armée syrienne garé devant la mosquée d'Azaz, au nord de la ville agitée d'Alep, le 2 août 2012. C'est à cette époque que Romain Huët, auteur de « La Guerre en tête », y a effectué son premier séjour.
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Comment vivent ceux qui subissent la guerre et finissent par la faire ? L'ethnographie permet de mieux appréhender la profonde transformation intime qu'implique une telle expérience.
Photographie de l’éclipse solaire totale de 2017, prise à l’Oregon State Fair Grounds, à Salem, en Oregon.
(Dominic Hart/NASA)
Les firmes multinationales semblent parfois jouir d’une forme d’impunité pénale. Que la justice française se saisisse du cas Lafarge pourrait bien marquer une rupture d’envergure.
Professeur agrégé de géographie, membre du laboratoire Médiations (Sorbonne Université), Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay