Des pompiers d’une unité de protection civile luttent contre un incendie de forêt dans une région montagneuse près de la ville d’Al Hachimia, dans la province de Bouira, le 21 juillet 2026.
AFP
En Algérie, les incendies révèlent les failles de l’État, mais aussi une solidarité citoyenne que le pouvoir célèbre tout en cherchant à la récupérer.
Un homme passe à moto devant une installation représentant un livre ouvert contenant des vers tirés du « Divan de Hafez » du poète persan du XIVe siècle Hafez-e-Shirazi, à Téhéran, le 17 mars 2025. La poésie, très présente dans l’univers mental et la vie quotidienne des Iraniens, est régulièrement mobilisée par la population pour exprimer discrètement des opinions interdites.
Atta Kenare/AFP
En Iran, la poésie classique sert de langage implicite pour contourner la censure et exprimer critiques, attentes et résistance politique.
Pointé du doigt dans les années 1970 à la suite de la mort d’ouvriers de l’industrie automobile, le problème de l’amiante suscite alors peu de mobilisation. À partir des années 1990, il est considéré comme menaçant tout un chacun et mobilise davantage. Ici, une manifestation pour la défense des victimes de l’amiante, en octobre 2009.
Bertrand Guay/AFP
Érik Neveu, Université de Rennes 1 - Université de Rennes
Les « problèmes » mis en avant par les médias ou les politiques ne sont pas forcément les plus graves. Comment un fait ou un thème devient-il un objet d’attention publique ?
Le mal-logement fait partie des causes qui utilisent le levier de la compassion pour faire appel à la générosité publique.
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La compassion est un puissant levier pour mobiliser la générosité des donateurs. Mais il faut bien savoir la mobiliser, au risque sinon d’arriver au résultat contraire.
Des manifestants dans les rues de Bordeaux (Gironde), le 18 mars 2006, contre le contrat première embauche (CPE).
Michel Gangne/AFP
Il y a vingt ans, la jeunesse se mobilisait contre le contrat première embauche, officiellement abrogé le 21 avril 2006. Retour sur cette contestation d’une ampleur historique.
Des habitants passent devant une affiche de recrutement pour la troisième brigade d’assaut ukrainienne, dans le centre de Kiev, le 28 mai 2024.
Anatolii Stepanov/AFP
Analyse de la stratégie de communication très moderne appliquée par l’Ukraine pour attirer des recrues et des dons financiers.
Deux militantes écologistes du collectif Riposte alimentaire s’en sont pris à la Joconde, au musée du Louvre à Paris, le 28 janvier 2024, en jetant de la soupe sur le chef-d’œuvre de Léonard de Vinci.
David Cantiniaux/AFPTV/AFP
Les mobilisations pour le climat prennent des formes très diverses. Mais qu’elles soient légales ou non, elles relèvent toutes d’un même édifice juridique.
Une manifestante dénonce la pratique policière consistant à viser les yeux des contestataires, pendant un rassemblement de l’opposition en solidarité avec le peuple iranien à l’occasion du 44e anniversaire de la révolution islamique, à Paris, le 11 février 2023. En ce début 2026, des centaines de personnes auraient été blessées aux yeux par des tirs délibérés des forces de l’ordre.
Geoffroy Van der Hasselt/AFP
Les tirs de la police visent volontairement les yeux des manifestants. Une pratique dont les racines sont bien plus anciennes que la République islamique.
Des membres de l’unité Capsat de l’armée malgache passent en véhicule blindé devant une grande banderole arborant une version malgache du logo du célèbre manga japonais One Piece, symbole adopté par les mouvements de protestation de la génération Z à travers le monde, lors d’un rassemblement de la société civile appelant à la démission du président Andry Rajoelina. Ils se dirigent vers le palais présidentiel à Antananarivo, le 14 octobre 2025. L’armée a pris le pouvoir deux jours plus tôt et après que l’Assemblée nationale a voté la destitution du chef de l’État pour « abandon de poste ».
Luis Tato/AFP
Une enquête conduite à Madagascar à l’issue de la crise qui vient de provoquer un changement de pouvoir permet de mieux comprendre le rôle joué par les réseaux sociaux.
Des militaires ralliés au mouvement hostile au pouvoir sont accueillis avec jubilation par les habitants à Antananarivo, le 12 octobre 2025. La scène est filmée par des dizaines de smartphones : à Madagascar comme ailleurs, désormais, « the revolution will be TikToked ».
Matthieu Rondel/AFP
L’application à la crise politique malgache des outils des sciences de l’information et de la communication permet d’appréhender pleinement la puissance devenue essentielle des réseaux sociaux.
Manifestation du 9 septembre 2025, à Katmandou. Les jeunes, qui constituent la majeure partie des protestataires, reprennent volontiers à leur compte des références culturelles visuelles de la génération Z, présentes dans de nombreux mouvements de par le monde, comme cette tête du mort tirée du très populaire manga One Piece. La pancarte dénonce également l’interdiction de plusieurs réseaux sociaux et appelle à mettre fin au népotisme et à la corruption.
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Au Népal, au mépris de la répression, une jeunesse connectée conteste le népotisme, redéfinit les formes de la démocratie et obtient des résultats tangibles.
Manifestation le 1er octobre 2025 à Antananarivo appelant à la démission du président Rajoelina. L’homme de dos filme la scène : la mobilisation a été largement relayée et amplifiée sur les réseaux sociaux.
FITA/A2FP
Yanina Welp, Graduate Institute – Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID); Christine Lutringer, Graduate Institute – Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID); Laura Bullon-Cassis, Graduate Institute – Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID), and Maria Mexi, Graduate Institute – Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID)
Les assemblées citoyennes sur le climat avaient pour objectif de réengager les jeunes dans des initiatives démocratiques. Quel bilan peut-on en dresser aujourd’hui ?
Les manifestants sont souvent des étudiants, comme ici, à Istanbul, le 21 mars 2025.
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Les manifestants turcs sont pour l’essentiel jeunes, diplômés ou non. N’ayant connu qu’Erdogan, au pouvoir depuis 2003, ils souhaitent des changements radicaux.
Rassemblement organisé par le Parti républicain du peuple (CHP) en soutien d’Ekrem Imamoglu, à Maltepe, dans la banlieue d’Istanbul, le 29 mars 2025.
Kemal Aslan/AFP
Pour comprendre le puissant mouvement de contestation actuel, il faut bien prendre en compte la situation politique, économique et sociale du pays.
Les cofondatrices du collectif d’extrême droite Némésis, lors d’un rassemblement en hommage à Philippine, étudiante parisienne de 19 ans, retrouvée morte dans le bois de Boulogne, le 21 septembre 2024.
Geoffroy Van Der Hasselt/AFP
Des groupuscules d’extrême droite comme « Némésis », les « Antigones » ou les « Caryatides », se revendiquent « féministes ». Elles ciblent l’islam et les migrants au nom de la défense des femmes.
Nis, le 1er mars 2025 : rassemblement national organisé par des étudiants serbes pour dénoncer la corruption après l’effondrement de la gare de Novi Sad, au nord du pays, le 1er novembre 2024.
Andrej Isakovic/AFP
Le président Vucic, contesté avec vigueur par la société civile serbe, bénéficie du soutien appuyé de la Russie et d’une certaine mansuétude des capitales européennes.
Des militants écologistes d’Extinction Rebellion (XR) lors d’une action contre le Black Friday, au Forum des Halles à Paris, le 30 novembre 2024.
Thomas Samson/AFP
Les syndicats CGT, FSU, et Solidaires manifestent le 1ᵉʳ octobre contre les réformes retraite et chômage. Un test, alors que la ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, souhaite des compromis.
Le mot d'ordre #EleNao (Pas Lui) avait mobilisé des millions de personnes à l'automne 2018. Pourtant, Bolsonaro a été aisément élu. Notamment parce que ses partisans avaient habilement su présenter #EleNao comme un mouvement gauchiste ultra-radical.
Nelson Almeida/AFP
Les rassemblements anti-Bolsonaro en 2018 n’avaient pas eu le résultat escompté, au contraire. Les adversaires du RN dans la France de 2024 pourraient en tirer des leçons utiles.
Maitre de conférences en sciences de la communication, Chercheur au PREFICS (Plurilinguismes, Représentations, Expressions Francophones, Information, Communication, Sociolinguistique), Université Rennes 2
Sociologue, chercheuse au Centre interdisciplinaire d'études de l'islam dans le monde contemporain (IACCHOS/UCL), Université catholique de Louvain (UCLouvain)