En octobre 2024, des membres du collectif Antigone ont bloqué le pont Jacques-Cartier, à Montréal, afin d’alerter la population à l’urgence climatique.
La Presse Canadienne / Christinne Muschi
Face à la crise climatique, les manifestations qu’on voit se multiplier comprennent de plus en plus d’actions radicales. Mais ont-elles l’adhésion de la population ?
Manifestation à Mumbai le 24 juillet 2026, en solidarité avec le mouvement de protestation mené par le Cockroach Janta Party (CJP) qui réclamait alors la démission du ministre de l’Éducation, Dharmendra Pradhan. Ce dernier démissionnera quelques jours plus tard.
Indranil Mukherjee/AFP
L’actuelle fronde des étudiants en Inde reflète les difficultés d’une classe moyenne dont l’essor a nettement ralenti au cours de ces dernières années.
Manifestation de l'Alliance pour la défense des terres des Premières Nations, à Toronto en 2023, contre des projets d'exploitation minière envisagés sur leurs territoires dans le nord de l'Ontario.
La Presse Canadienne / Chris Young
Les projets ont besoin de rallier les communautés autochtones, comme on l’a vu à Pessamit. Un exemple des Philippines peut nous éclairer sur la dynamique en cause.
Manifestation à Tirana, le 9 juin 2026, contre le projet immobilier du couple Jared Kushner/Ivanka Trump. Sur la pancarte, Ivanka tient en laisse le premier ministre albanais Edi Rama, partisan déclaré du projet. La légende invite la fille de Donald Trump, en des termes peu amènes, à ne pas toucher à l’île sur laquelle son complexe de luxe doit être bâti.
Bledi_k/Shutterstock (no reuse)
En Albanie, le projet immobilier de Jared Kushner et d’Ivanka Trump suscite un mouvement de protestation qui pourrait emporter Edi Rama, au pouvoir depuis treize ans.
S’il est très compliqué, et très risqué pour les personnes concernées, de participer à des scènes de liesse en Iran à l’annonce de la mort d’Ali Khamenei, les rassemblements festifs de membres de la diaspora se sont en revanche multipliés dans le monde entier pour célébrer cette nouvelle (ici à Tbilissi, Géorgie, des soutiens de Reza Pahlavi, devant l’ambassade iranienne).
Giorgi Arjevanidze/AFP
Les revendications des minorités ethniques iraniennes diffèrent de celles de nombreux habitants de Téhéran.
Des membres de l’unité Capsat de l’armée malgache passent en véhicule blindé devant une grande banderole arborant une version malgache du logo du célèbre manga japonais One Piece, symbole adopté par les mouvements de protestation de la génération Z à travers le monde, lors d’un rassemblement de la société civile appelant à la démission du président Andry Rajoelina. Ils se dirigent vers le palais présidentiel à Antananarivo, le 14 octobre 2025. L’armée a pris le pouvoir deux jours plus tôt et après que l’Assemblée nationale a voté la destitution du chef de l’État pour « abandon de poste ».
Luis Tato/AFP
Une enquête conduite à Madagascar à l’issue de la crise qui vient de provoquer un changement de pouvoir permet de mieux comprendre le rôle joué par les réseaux sociaux.
Manifestation d’émigrés tanzaniens au Cap (Afrique du Sud), le 5 novembre 2025, en solidarité avec leurs concitoyens en proie à une répression sanglante. Samia Suluhu Hassan a remporté le scrutin du 29 octobre 2025 avec 98 % des voix, selon la commission électorale, mais l’opposition a qualifié l’élection de « simulacre ».
Rodger Bosch/AFP
La jeunesse tanzanienne, très connectée, se révolte contre des élections qu’elle juge truquées. Aussitôt, parallèlement à la répression des manifestations, le pouvoir coupe Internet.
Des militaires ralliés au mouvement hostile au pouvoir sont accueillis avec jubilation par les habitants à Antananarivo, le 12 octobre 2025. La scène est filmée par des dizaines de smartphones : à Madagascar comme ailleurs, désormais, « the revolution will be TikToked ».
Matthieu Rondel/AFP
L’application à la crise politique malgache des outils des sciences de l’information et de la communication permet d’appréhender pleinement la puissance devenue essentielle des réseaux sociaux.
Manifestation du 9 septembre 2025, à Katmandou. Les jeunes, qui constituent la majeure partie des protestataires, reprennent volontiers à leur compte des références culturelles visuelles de la génération Z, présentes dans de nombreux mouvements de par le monde, comme cette tête du mort tirée du très populaire manga One Piece. La pancarte dénonce également l’interdiction de plusieurs réseaux sociaux et appelle à mettre fin au népotisme et à la corruption.
Pratisha Manandhar/Shutterstock
Au Népal, au mépris de la répression, une jeunesse connectée conteste le népotisme, redéfinit les formes de la démocratie et obtient des résultats tangibles.
Manifestation le 1er octobre 2025 à Antananarivo appelant à la démission du président Rajoelina. L’homme de dos filme la scène : la mobilisation a été largement relayée et amplifiée sur les réseaux sociaux.
FITA/A2FP
Dans un contexte politique déjà tendu, ce sont des pannes d’infrastructures qui ont mis le feu aux poudres à Madagascar.
Un bateau de la flottille Sumud intercepté par les forces israéliennes en mer Méditerranée au large des côtes de la bande de Gaza est escorté vers le port méridional d’Ashdod le 2 octobre 2025.
Saeed Qaq/AFP
Selon les organisateurs de la flottille, celle-ci a été interceptée dans les eaux internationales, ce qui contrevient aux lois régissant le droit de la mer.
Une femme frappe un policier avec un bâton de bambou auquel est attaché un drapeau indonésien lors d’une manifestation devant le bâtiment du Parlement à Jakarta, le 28 août 2025.
Bay Ismoyo/AFP
La mort d’un jeune homme, le 28 août, tué par la police lors d’une manifestation à Jakarta, a provoqué la colère populaire contre les forces de l’ordre et, au-delà, contre un système inégalitaire et corrompu.
New York, 24 juillet 2025 : des agents d’ICE interpellent un homme après son audience au tribunal de l’immigration.
SPENCER PLATT / AFP
Des agents masqués et armés de la police de l'immigration de Donald Trump (ICE) multiplient les arrestations agressives, suscitant inquiétudes et controverses.
19 juin 2025 : funérailles de deux membres du Croissant-Rouge iranien tués par une frappe israélienne sur Téhéran.
Iranian Red Crescent/AFP
Coup de projecteur sur la société iranienne, première victime de la guerre en cours.
Donald Trump s’exprime lors du défilé du 250e anniversaire de l’armée (Washington, DC, 14 juin 2025) tandis que des centaines de milliers de personnes dans le pays se sont mobilisées pour contester à la fois ce défilé et sa brutale politique migratoire.
Doug Mills/Pool/AFP
Légalement douteux, le déploiement de l’armée en Californie vient s’ajouter à de nombreuses mesures qui, chaque jour davantage, confirment un glissement de Donald Trump vers l’autoritarisme.
Los Angeles, le 11 juin 2025.
Ronaldo Schemidt/AFP
Le bras de fer juridique et politique engagé en Californie pourrait avoir des conséquences majeures pour l’avenir des États-Unis dans leur ensemble.
Des manifestants font face à des membres de la Garde nationale californienne postée devant un bâtiment fédéral à Los Angeles, le 9 juin 2025.
Apu Gomes/AFP
Le gouverneur de Californie et la maire de Los Angeles contestent avec véhémence l’envoi par Trump de Marines et de membres de la Garde nationale dans la deuxième plus grande ville du pays.
À Istanbul, le 19 avril 2025, un étudiant portant un masque Pikachu, personnage devenu l’un des symboles de la contestation, participe à un rassemblement un mois après l’arrestation du maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu.
Kemal Aslan/AFP
Necati Mert Gümüs, Sciences Po Grenoble - Université Grenoble Alpes and Théo Malçok, École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS)
La contestation, largement portée par une jeunesse connectée, emprunte aux codes les plus récents des réseaux sociaux et s’appuie notamment sur l’IA.
Pendant que les manifestations battent leur plein en Turquie, le ministre turc des affaires étrangères Hakan Fidan effectue de longues tournées à l’étranger où il rencontre ses homologues – ici, le Français Jean-Noël Barrot, le 2 avril à Paris, quelques jours après un entretien avec le secrétaire d’État des États-Unis Marco Rubio.
Ministère turc des affaires étrangères/AFP
Nora Seni, École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS)
Partenaire d’importance pour une Europe focalisée sur sa défense aussi bien que pour les États-Unis, qui voient en elle un acteur majeur au Proche-Orient, la Turquie d’Erdogan peut tranquillement réprimer à l’intérieur.
Chercheur au CNRS, directeur du Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP), Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay