Rejet des sciences sociales pour leur gauchisme réel ou supposé, mise sur un piédestal de jeunes ingénieurs censés régénérer l’État : entre le régime de Vichy et l’administration Trump 2, les parallèles sont frappants.
Une manifestation en opposition à la vaccination obligatoire contre le Covid-19 et au pass sanitaire, à Saint-Denis de La Réunion, le 31 juillet 2021.
Richard Bouhet/AFP
Emmanuel Macron se rendra sur l’île de La Réunion dans la semaine du 21 avril. Les crises sanitaires récentes – Covid, chikungunya – ont été gérées de façon verticale depuis Paris. Elles ont suscité méfiance et colère dans la population.
Les manifestants sont souvent des étudiants, comme ici, à Istanbul, le 21 mars 2025.
Sahan Nuhoglu/Shutterstock
Les manifestants turcs sont pour l’essentiel jeunes, diplômés ou non. N’ayant connu qu’Erdogan, au pouvoir depuis 2003, ils souhaitent des changements radicaux.
La politique mise en œuvre par Donald Trump pourrait-elle conduire à une rupture au sein du système du pouvoir ? Et dans ce cas de figure, jusqu’où la confrontation entre partisans et adversaires du président pourrait-elle aller ?
Delpixel/Shutterstock
Exercice de prospective : que se passerait-il en cas de dégradation des rapports entre la présidence et la Cour suprême ?
Rassemblement organisé par le Parti républicain du peuple (CHP) en soutien d’Ekrem Imamoglu, à Maltepe, dans la banlieue d’Istanbul, le 29 mars 2025.
Kemal Aslan/AFP
Pour comprendre le puissant mouvement de contestation actuel, il faut bien prendre en compte la situation politique, économique et sociale du pays.
Le 22 mars 2025, un manifestant brandit le drapeau turc face aux policiers anti-émeute, qui lancent des gaz lacrymogènes pour disperser un rassemblement devant l’hôtel de ville d’Istanbul en soutien au maire de la ville, Ekrem Imamoglu, arrêté trois jours plus tôt.
Kemal Aslan/AFP
Quatre termes, employés pour certains par le pouvoir, pour d’autres par ses détracteurs, reflètent la situation de la Turquie depuis l’arrestation d’Ekrem Imamoglu, rival d’Erdogan.
Des partisans du leader de l’opposition mozambicaine, Venâncio Mondlane, tentent de mettre à l’abri un homme touché par un tir de la police anti-émeute sur le marché Estrella, à Maputo, le 9 janvier 2025. La répression des manifestations a déjà fait au moins plusieurs centaines de morts.
AlfredoZuniga/AFP
Le Mozambique est depuis plusieurs mois le théâtre d’une répression à grande échelle conduite par un pouvoir contesté par une large partie de la population.
Le président argentin Javier Milei salue la foule avant de s'exprimer lors de la Conservative Political Action Conference, CPAC, le 22 février 2025, à Oxon Hill, dans le Maryland.
(AP Photo/Jose Luis Magana)
Malgré son idéologie anarcho-capitaliste qui l’éloigne de l’extrême droite européenne et américaine, Javier Milei partage avec cette dernière une « façon de faire » nettement autoritaire.
Cette photo aérienne montre des Gazaouis déplacés marchant vers la ville de Gaza le 27 janvier 2025, après avoir traversé le corridor de Netzarim, installé par l'armée israélienne, qui coupe la bande de Gaza en deux. Donald Trump propose de « nettoyer » le territoire de ses habitants et de transformer le territoire en station balnéaire.
AFP
Au mépris des règles internationales et des procédures démocratiques, les « broligarques » (oligarques de la tech) états-uniens veulent refaire non seulement leur pays, mais aussi le reste du monde, y compris Gaza.
L'ancien président namibien Sam Nujoma à Cuba pour assister aux funérailles de Fidel Castro.
EPA-EFE/Rolando Pujol
Comme de nombreux dirigeants africains de son époque, il a été façonné par la lutte contre l'oppression coloniale.
Dans l’État Kayah (Birmanie), en mai 2024, un soldat rebelle marche dans l’hôpital détruit de Daw Ta Ma Gyi, qui avait été bombardé par l’armée birmane en mars 2023.
Amnesty International
La junte au pouvoir ne contrôle plus que 21 % du territoire birman. Même si cette dictature est renversée, la crainte de voir le pays divisé sur le plan ethnique au sortir de la guerre civile demeure.
Alexandre Loukachenko (ici en train de voter aux législatives de février 2024) tient aux apparences et organise donc une nouvelle élection présidentielle… où toute concurrence réelle a été soigneusement écartée.
AFP Photo/Belarusian Presidential press service
Ce dimanche, Alexandre Loukachenko sera reconduit à l’issue d’un scrutin dénué de suspense, face à des faire-valoir, les opposants réels étant emprisonnés ou exilés.
Des manifestants brandissent des drapeaux de la Géorgie, de l’UE et aussi de l’Ukraine, lors d’un rassemblement pro-UE avant les élections législatives, le 26 octobre 2024. Les résultats du scrutin, faussés en faveur du pouvoir pro-russe selon de nombreux observateurs, susciteront de nouvelles manifestations de masse.
Vano Shlamov/AFP
Les manifestations d’aujourd’hui réveillent le souvenir de celles de 1956 et de 1989, écrasées dans le sang, mais aussi de celles, victorieuses, de 1978 et de 2004.
President Donald Trump talks to reporters as he signs executive orders in the Oval Office of the White House, Monday, Jan. 20, 2025, in Washington.
(AP Photo/Evan Vucci)
Si l’histoire ne ment pas, les retours au pouvoir sont rarement garantes de succès. Les dirigeants s’avèrent incapables de s'adapter aux nouvelles réalités.
« La Marche de l’unité », une mobilisation anti-discrimination organisée par des étudiants le 31 décembre 2024 à Dacca, la capitale du Bangladesh.
Munir Uz Zaman/AFP
Monique Selim, Institut de recherche pour le développement (IRD)
Le gouvernement intérimaire, aux manettes depuis la chute du régime autoritaire de Sheikh Hasina renversé l’été dernier, parviendra-t-il à assurer l’avenir démocratique du pays ? Rien n’est moins sûr…
À New York, le 17 novembre 2024. Donald Trump assiste à un combat de MMA aux côtés de Tulsi Gabbard, future directrice du renseignement national, et d’Elon Musk qui dirigera un nouveau « département de l’efficacité gouvernementale ».
Kena Betancur/AFP
Si le président élu et ses soutiens se font les chantres d’un anti-élitisme féroce, ils risquent en réalité de former un club fermé à la tête du pays et, à terme, d’affaiblir la démocratie américaine.
Un représentant de la communauté vénézuélienne exilée aux États-Unis pendant une manifestation anti-Maduro à Orlando, Floride, le 28 juillet 2024. Beaucoup espèrent que le retour de Trump s’accompagnera d’une ligne très dure envers le pouvoir de Caracas.
Miguel J. Rodríguez Carrillo/Getty Images via AFP
Donald Trump et Nicolas Maduro seront tous deux investis en janvier pour un nouveau mandat présidentiel. Leur présence simultanée au pouvoir pourrait se solder par une montée des hostilités entre Washington et Caracas.
Un homme piétine un portrait endommagé du président syrien déchu Bachar Al-Assad dans la ville portuaire de Lattaquié, dans l’ouest de la Syrie, le 15 décembre 2024.
Ozan Kose/AFP
En Chine, en Hongrie et désormais outre-Atlantique avec la réélection de Trump : le national-capitalisme autoritaire est un type de gouvernance qui monte en puissance dans le monde.
Des soldats tentent de pénétrer dans l’enceinte de l’Assemblée nationale à Séoul le 4 décembre 2024, après la déclaration de la loi martiale par le président Yoon Suk-yeol, un événement inédit dans la Corée du Sud démocratique.
Jung Yeon-je/AFP
La tentative avortée d’application de la loi martiale révèle une tendance de la vie politique sud-coréenne à antagoniser les formes d’opposition. Un legs de la période autoritaire, mais pas seulement…
Professeure des universités en études russes et soviétiques, Université de Rennes 2, chercheuse au CERCLE (Université de Lorraine), Université Rennes 2