L’ouvrage de Xenia Fedorova, Bannie, présenté sur le stand de Fayard à côté d’autres livres publiés par cette maison d’édition propriété de Vincent Bolloré, lors du Festival du Livre de Paris 2025, au Grand Palais à Paris, le 12 avril 2025.
Xavier Galiana/AFP
Antoine Marie, École normale supérieure (ENS) – PSL and Maxime Audinet, Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco)
Le cas Fedorova est emblématique d’une méthode rhétorique employée par la propagande russe : en appeler à l’esprit critique du public visé pour convaincre celui-ci de se détourner des sources vues comme « officielles » et « dominantes ».
Drapeau de l’État islamique.
Mohammad Bash/Shutterstock (no reuse)
L’IA ne change pas les objectifs d’Al-Qaida et de l’État islamique, mais révèle deux rapports différents à la technologie.
Une photo montrant Kiev après une frappe russe, publiée sur Twitter par Roksana Panashchuk, rédactrice en chef de Katapult Ukraine, qui venait de fuir Odessa, est visible sur son bureau, au siège de la publication à Greifswald, Allemagne le 29 mars 2022.
John MacDougall/AFP
Depuis le début de la guerre en Ukraine, X est devenu un champ de bataille informationnel où diplomatie, OSINT, propagande et journalisme se croisent en temps réel.
Marlene Dietrich dans A Foreign Affair (La Scandaleuse de Berlin, 1948), de Billy Wilder.
Arte
Pendant la guerre froide, l’ancien ennemi allemand devient un partenaire indispensable pour les États-Unis, face à l’Union soviétique. Le cinéma témoigne de cette bascule symbolique.
Photo postée sur le compte X du « Quotidien du Peuple », principal journal chinois, le 13 février 2026, accompagnée de cette légende : « Trente bébés pandas géants ont récemment été réunis au Centre chinois de conservation et de recherche sur le panda géant et à la Base de recherche de Chengdu pour l’élevage du panda géant à l’occasion de la Fête du Printemps. Au total, 45 bébés pandas sont nés dans ces deux centres d’élevage en 2025. » En bas à droite, le logo de l’agence de presse nationale Xinhua.
Compte X du Quotidien du Peuple
L’exploitation tous azimuts de l’image sympathique du panda vise à transformer la réputation, souvent négative, de la République populaire de Chine.
Les contenus fabriqués par des spécialistes iraniens et massivement partagés sur Internet, comme celui-ci, contribuent à éroder le discours des dirigeants états-uniens qui, de plus, peinent à comprendre comment fonctionne l’État iranien et, notamment, qui décide des tirs visant les navires dans le détroit d’Ormuz et les pays du Golfe.
Capture d’écran/X
Pierre Firode, Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
L’Iran modernise la guerre asymétrique grâce à une propagande virale et à une organisation décentralisée qui déstabilise Washington.
Cette capture d’écran, tirée d’une vidéo obtenue par l’AFPTV auprès de l’ORTM le 28 avril 2026, montre le chef de la junte malienne, Assimi Goita, lors de sa première allocution publique depuis les attaques menées, le 25 avril, par des combattants djihadistes et des séparatistes touaregs. En haut à gauche, en médaillon, une photo de Sadio Camara, tué dans un attentat suicide contre sa résidence.
ORTM/AFP
Les médias maliens sont contraints de faire approuver leurs contenus par le pouvoir, comme l’épisode de l’assassinat du ministre de la défense l’a récemment illustré.
Sur cette image issue de l’une des nombreuses vidéos virales publiées sur les réseaux sociaux par des comptes liés à l’Iran, Donald Trump et Benyamin Nétanyahou signent un pacte avec Satan et Moloch.
En reprenant astucieusement grâce à l’IA, l’esthétique Lego et les codes du rap, la propagande iranienne marque des points dans le conflit opposant Téhéran à Washington et Tel-Aviv.
Le 6 avril 2026, rassemblement à Téhéran devant une affiche représentant Ruhollah Khomeini, premier guide suprême de la République islamique (1979-1989), Ali Khamenei (1989-2026) et Moqtaba Khamenei, désigné début mars 2026.
AFP
Pierre Firode, Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
La guerre en Iran révèle la force d’une idéologie chiite qui transforme les défaites militaires en victoires symboliques et renforce la résilience du régime face aux États-Unis.
Caricature moquant les affirmations des États-Unis selon lesquelles l’économie chinoise serait sur le point de s’effondrer, publiée le 21 mai 2025.
Luo Jie/China Daily
Chaque jour, le journal anglophone « China Daily » publie des caricatures avec un objectif précis : placer la Chine au centre d’un nouvel ordre mondial.
Des habitants passent devant une affiche de recrutement pour la troisième brigade d’assaut ukrainienne, dans le centre de Kiev, le 28 mai 2024.
Anatolii Stepanov/AFP
Analyse de la stratégie de communication très moderne appliquée par l’Ukraine pour attirer des recrues et des dons financiers.
Série d’affiches exaltant « l’opération militaire spéciale » en Ukraine photographiée dans une rue de Moscou, le 2 avril 2024. La première comporte ces vers du poète Nikolaï Goumilev (1886-1921) : « Véritablement lumineuse et sacrée est la cause majestueuse de la guerre. Les séraphins ailés, immaculés, volent derrière les épaules des guerriers. »
Natalia Kolesnikova/AFP
La propagande ne se contente pas de galvaniser la population d’un État en guerre : elle la convainc que la victoire est à portée de main et que, dès lors, il convient de continuer le combat au lieu d’envisager la paix.
Le 7 juin 2024, avant la séance plénière du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, dont il est le modérateur, Sergueï Karaganov discute avec Vladimir Poutine.
Kirill Morozov/Roscongress, site officiel de la présidence russe
Présenté comme l’homme qui murmure à l’oreille de Poutine, le très médiatique Sergueï Karaganov est moins un concepteur de la politique russe qu’un énième porte-voix de la propagande du Kremlin.
Des Iraniens en deuil assistent à la cérémonie funéraire des généraux des forces armées iraniennes, des scientifiques nucléaires et de leurs proches tués lors des frappes israéliennes, à Téhéran, Iran, le 28 juin 2025.
(AP Photo/Vahid Salemi)
La guerre des douze jours Israël‑Iran en juin 2025, loin d’être seulement militaire, a servi de levier de propagande pour Téhéran.
Telegram est une application de messagerie et d’appels vocaux, créée en 2013 par les frères Nikolaï et Pavel Durov. En 2025, elle compte 950 millions d’utilisateurs.
Constante/Shutterstock
Utilisé dans de nombreux conflits, Telegram sert de canal pour diffuser infos, propagande et images de guerre, souvent de manière brute, sans aucune modération ni contexte.
La salle des bobines dans les locaux de Radio Free Europe/Radio Liberty à Munich (Allemagne), où les émissions provenant des pays communistes étaient enregistrées et examinées par le personnel de la radio (1976).
RFE/RL
Retour sur l’histoire d’un couple de Soviétiques qui a travaillé en RFA pour des médias et un institut américains, avant que l’époux fasse défection pour l’URSS en 1986.
Le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov (au centre), assiste à la conférence ministérielle du Forum de partenariat Russie-Afrique à l’université Sirius de Sotchi, le 10 novembre 2024.
Stringer/AFP
Partenariats économiques, mais surtout influence culturelle et médiatique et présence de paramilitaires : la Russie emploie de nombreux moyens pour accroître son influence en Afrique.
L’espace numérique est devenu depuis longtemps un théâtre d’affrontement majeur.
DC Studio/Shutterstock
Si le concept de guerre hybride reste d’actualité, celui de guerre cognitive est de plus en plus employé pour dépeindre la multiplicité des actions informationnelles russes.
Montage montrant un fake de Volodymyr Zelensky amplement diffusé sur des comptes pro-russes et, à droite, la vidéo d’origine.
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Les jeunes sont particulièrement visés par les opérations de désinformation russes déployées sur les réseaux sociaux.
Une femme passe devant une fresque murale représentant des soldats russes lors d’une exposition de rue intitulée « Ensemble vers la victoire » dans le centre de Saint-Pétersbourg (Russie) le 30 novembre 2024.
Olga Maltseva/AFP
La société ukrainienne, quoique traumatisée par la guerre, la considère comme un enjeu existentiel pour le pays, ce qui est beaucoup moins le cas côté russe.
Analyste en géopolitique, membre associé au Laboratoire de Recherche IAE Paris - Sorbonne Business School, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, chaire « normes et risques », IAE Paris – Sorbonne Business School
Professeur agrégé de géographie, membre du laboratoire Médiations (Sorbonne Université), Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay