Des ressortissants iraniens arrivent dans le nord-est de la Turquie après avoir passé la frontière à Razi-Kapikoy, près de Van, le 2 mars 2026. La Turquie, qui abrite déjà trois millions de Syriens sur son sol, craint un afflux massif de réfugiés en provenance d’Iran si la guerre continue longtemps.
Ali Ihsan Ozturk/AFP
Membre de l’Otan, hostile à bien des égards à l’Iran qu’elle a longuement affronté par « proxys » interposés en Syrie, la Turquie ne souhaite pas pour autant une chute de la République islamique.
Manifestation de soutien à Pinar Selek à l’entrée du tribunal d’Istanbul, le 9 février 2011. Sur les pancartes : « Nous sommes tous témoins. Nous attendons toujours que justice soit faite. »
Bulent Kilic/AFP
Dans son ouvrage « Lever la tête. La recherche interdite sur la résistance kurde », la sociologue turque Pinar Selek revient sur l’enquête qui a bouleversé sa vie et sur l’acharnement judiciaire dont elle est la cible.
Les forces gouvernementales syriennes empruntent une route pour entrer dans la ville à majorité kurde de Qamishli, le 3 février 2026.
Bakr Alkasem/AFP
Pierre Firode, Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
Les Kurdes de Syrie n’ont guère bénéficié de leur lutte acharnée contre Daech : le nouveau régime syrien est sur le point de totalement résorber leur autonomie, sans que les Occidentaux ne s’en émeuvent.
Rassemblement « Free Iran » à Los Angeles, le 11 janvier 2026. Les manifestants réclament de Donald Trump qu’il passe résolument à l’action contre le régime de la République islamique, dont la répression aurait déjà fait des milliers de morts en moins de deux semaines.
Jonathan Alcorn/AFP
Pierre Firode, Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
En Iran, Donald Trump pourrait s’inspirer du modèle afghan de la fin 2001 : Washington avait obtenu la chute des talibans en armant des groupes locaux et en les soutenant par une campagne de frappes aériennes.
Les revendications des minorités ethniques iraniennes diffèrent de celles de nombreux habitants de Téhéran.
Ahmad al-Charaa salue le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammad ben Salmane, sous les yeux de Donald Trump, le 14 mai 2025 à Riyad. L’ancien paria, dont la tête a longtemps été mise à prix par les États-Unis, a rencontré au cours de l’année écoulée la majeure partie des dirigeants des puissances du Proche-Orient, mais aussi Trump et Poutine, et s’est exprimé à la tribune de l’ONU.
Bandar Al-Jaloud/Saudi Royal Palace/AFP
Pierre Firode, Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
Le nouveau président syrien a donné des gages aux puissances régionales et internationales. L’objectif premier est de s’assurer qu’elles lui laisseront les coudées franches dans sa politique très dure envers les minorités.
Souweïda, 21 juillet 2025. Après le cessez-le-feu, ce combattant s’incline devant une stèle de fortune, drapée des couleurs du peuple druze, dressée en hommage au cheikh Marha Chahine (80 ans) qui figure parmi les victimes des affrontements.
Shadi Al-Dubaisi/AFP
Les affrontements entre druzes et bédouins survenus dans la province de Souweïda annoncent-ils une confessionnalisation des conflits dans la Syrie post-Assad ?
Des combattantes peshmergas kurdes d’Iran affiliées au parti séparatiste Parti de la liberté du Kurdistan (PAK) sont photographiées dans une base située dans un lieu non divulgué de la province d'Erbil, capitale de la région autonome kurde du nord de l'Irak en 2022.
Safin Hamid/AFP
Les Kurdes vivent en Iran, en Irak, en Syrie et en Turquie : la guerre entre Israël et l’Iran les a inquiétés, mais, pour certains, leur a parfois aussi donné quelques espoirs.
Mohammad Reza Pahlavi (à gauche), Houari Boumediène (au centre) et Saddam Hussein en Algérie en 1975.
En 1975, à Alger, l’Iran et l’Irak signent un accord censé régler leurs différends. Ce fut un échec retentissant, dont les échos se font sentir à ce jour.
Un drapeau à l’effigie du fondateur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Ocalan, est brandi durant un rassemblement de ses sympathisants pour écouter le message audio où le leader emprisonné appelle les membres de son mouvement à déposer les armes, à Sulaimaniyah, dans la région autonome du Kurdistan irakien, le 27 février 2025.
Shwan Mohammed/AFP
Après plus de quarante ans de lutte armée contre l’État turc, le PKK a accepté un cessez-le-feu et envisage sa dissolution. Le mouvement est basé au Kurdistan irakien, et c’est là que se jouera son avenir.
Ahmed al-Charaa, longtemps mieux connu sous son nom de djihadiste Abou Mohammed al-Joulani (en costume noir, sous le drapeau syrien), rencontre des notables à Tartous le 25 janvier 2025.
Présidence syrienne/AFP
Pierre Firode, Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
Respectivement leader religieux chiite et ancien chef djihadiste sunnite, l’Irakien Moqtada al-Sadr et le Syrien Ahmed al-Charaa puisent volontiers dans le registre du nationalisme arabe.
Le 8 décembre 2024, à Istanbul, des ressortissants syriens célèbrent la chute du régime de Bachar Al-Assad en brandissant un portrait du président turc Recep Tayyip Erdogan.
KemalAslan/AFP
La Turquie est présentée comme la grande gagnante de la chute de Bachar Al-Assad. Et pour cause : elle est désormais la principale alliée du nouveau pouvoir syrien.
Un homme prend un selfie avec sa famille, debout sur un char, à Damas le 9 décembre 2024.
Omar Haj Kaddour/AFP
La joie et le soulagement prédominent en Syrie après la fin de cinquante ans de tyrannie des Assad. Pour autant, la population sait que de nombreux défis l’attendent…
Des rebelles (véhicule de gauche) provenant de la direction d’Idlib et Alep passent devant un char abandonné par les forces du régime sur la route menant à la ville de Khan Sheikhun, dans le nord-ouest de la province syrienne d’Idlib, le 1er décembre 2024.
Omar Haj Kadour/AFP
Une coalition de rebelles a repris la deuxième plus grande ville de Syrie, Alep, ainsi que la cinquième, Hama, et entend poursuivre son effort vers le sud, direction Damas.
Rassemblement électoral dans la ville kurde de Siirt, en Turquie, le 14 mai 2014.
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Si les Kurdes n’ont pas su, à ce jour, obtenir un État indépendant et souverain, ils ont tout de même su instaurer dans certaines zones de nouvelles institutions et des ordres sociaux alternatifs.
La communauté turque d’Allemagne est la plus nombreuse diaspora turque à l’étranger. Ici un bureau de vote à Essen, fin mai 2023.
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Recep Tayyip Erdogan et son parti obtiennent de bien meilleurs scores auprès des Turcs installés en Europe occidentale qu’en Turquie même. Les élections de mai 2023 l’ont encore confirmé.
Pinar Selek pendant une conférence à Paris en 2010.
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La sociologue turque Pinar Selek, réfugiée en France, est persécutée dans son pays depuis 25 ans. Son cas est emblématique des répressions visant les universitaires en Turquie – et ailleurs.
Des femmes irakiennes se rassemblent sur la place Tahrir de Bagdad le 25 janvier 2023 pour demander une amnistie générale pour leurs parents masculins emprisonnés et condamnés à mort pour des attaques contre les troupes américaines après le renversement de Saddam Hussein en 2003 et pour découvrir où se trouvent leurs proches disparus au cours des années de conflit sectaire sanglant qui ont balayé le pays après la chute du dictateur.
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Vingt ans après l’offensive américaine, l’Irak demeure un État instable traversé par de fortes tensions.
Funérailles d’un combattant des Unités de protection du peuple kurde (YPG), à Qamishli, ville à majorité kurde du nord-est de la Syrie, le 7 décembre 2022. Une opération militaire turque dans la région est en cours depuis le 20 novembre.
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Pendant que l’attention russe et américaine est largement fixée sur l’Ukraine, Ankara et Téhéran s’attaquent aux forces kurdes, en Syrie et à la frontière Irak-Iran.
Professeur agrégé de géographie, membre du laboratoire Médiations (Sorbonne Université), Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
Doctorant en géographie, membre de l'équipe Monde arabe et Méditerranée, UMR Citeres et membre de l'axe Migration et Mobilité de l'Institut français d'études anatoliennes à Istanbul, Université de Tours