Mina Fakhravar, L’Université d’Ottawa/University of Ottawa
On peut refuser la guerre, écrit l’auteure. Mais si ce refus ne s’accompagne pas d’une parole claire sur la dictature, il devient une position aveugle face à la violence.
S’il est très compliqué, et très risqué pour les personnes concernées, de participer à des scènes de liesse en Iran à l’annonce de la mort d’Ali Khamenei, les rassemblements festifs de membres de la diaspora se sont en revanche multipliés dans le monde entier pour célébrer cette nouvelle (ici à Tbilissi, Géorgie, des soutiens de Reza Pahlavi, devant l’ambassade iranienne).
Giorgi Arjevanidze/AFP
Chez de nombreux Iraniens, surtout les jeunes, le rejet du régime est absolu, et la situation actuelle offre peut-être l’occasion de le renverser.
Une manifestante fume une cigarette après l'avoir allumée sur une affiche en feu représentant le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, une image deveune le symbole de la révolte actuelle, lors d'un rassemblement en soutien aux manifestations antigouvernementales en Iran, à Yalova, en Turquie, le
16 janvier 2026.
(AP Photo/Emrah Gurel)
Mina Fakhravar, L’Université d’Ottawa/University of Ottawa
Ce qui se joue en Iran va au-delà du régime en place. C’est la question du pouvoir. Sera-t-il encore une fois l’histoire usurpé par des hommes, au détriment des femmes ?
Une manifestante dénonce la pratique policière consistant à viser les yeux des contestataires, pendant un rassemblement de l’opposition en solidarité avec le peuple iranien à l’occasion du 44e anniversaire de la révolution islamique, à Paris, le 11 février 2023. En ce début 2026, des centaines de personnes auraient été blessées aux yeux par des tirs délibérés des forces de l’ordre.
Geoffroy Van der Hasselt/AFP
Les tirs de la police visent volontairement les yeux des manifestants. Une pratique dont les racines sont bien plus anciennes que la République islamique.
Agressée par la police des mœurs pour des vêtements jugés « inappropriés », Ahou Daryaei a retiré ses vêtements. Son geste politique a fait le tour du monde.
(Capture compte X Amnesty)
Mina Fakhravar, L’Université d’Ottawa/University of Ottawa
L’Iranienne Ahou Daryaei a récemment rejoint cette filiation de femmes qui ont utilisé leur corps afin de contester les violences physiques et symboliques dont elles sont victimes.
Ce 20 mai 2024, les journaux iraniens annoncent la disparition du président du pays dans un crash d’hélicoptère. Ebrahim Raïssi était un ultraconservateur qui avait réagi avec la plus grande violence aux manifestations de la population sous le slogan « Femme, vie, liberté ».
Atta Kenare/AFP
Mort dans un accident d’hélicoptère, le président iranien était le successeur désigné du Guide suprême Ali Khamenei, âgé de 85 ans.
Dans une rue de Téhéran, le 10 avril 2023. La police iranienne utilise désormais une technologie « intelligente » dans les lieux publics pour identifier et sanctionner les femmes qui enfreignent le code vestimentaire islamique strict du pays.
Atta Kenare/AFP
Le soulèvement de la jeunesse iranienne incite le pouvoir à s’appuyer sur des puissances non occidentales qui ne lui reprocheront certainement pas de se livrer à une répression féroce.
Le combat des femmes est rejoint en Iran par d’autres revendications, notamment en provenance des minorités ethniques.
Sur cette photo prise clandestinement, on peut voir des femmes fuyant la police anti-émeute lors d'une manifestation dans le centre de Téhéran, en Iran. Ces manifestations sont réprimées brutalement.
(AP Photo)
Le régime iranien met en œuvre des politiques et des pratiques de ségrégation et de discrimination similaires à celles pratiquées en Afrique du Sud sous l’apartheid.
Chercheur doctorant, spécialiste de l'Iran travaillant sur la recomposition des équilibres interétatiques au Moyen-Orient et en Asie centrale, Institut catholique de Paris (ICP)