Les véritables liens entre ces attaques et l'expansion du djihadisme dans le Sahel sont à rechercher dans la fragilité de la sécurisation des zones frontalières.
Des femmes manifestent contre la déclaration constitutionnelle récemment annoncée par le gouvernement intérimaire de la Syrie, dans la ville de Qamishly, dans le nord-est de la Syrie, le 15 mars 2025. La veille, l’administration de cette région dirigée par les Kurdes a critiqué ce texte en affirmant qu’il ne reflétait pas la diversité du pays. Le nouveau gouvernement se dit « inclusif », mais saura-t-il, et voudra-t-il, établir le cadre institutionnel nécessaire à l’instauration d’une société unie et pacifique ?
Delil Souleiman/AFP
La Syrie possède un président par intérim, un gouvernement de transition et même une « déclaration constitutionnelle », prélude à une nouvelle Loi fondamentale. Mais la plus grande prudence reste de mise.
Des femmes brandissent des photos de victimes de la récente vague de violence qui a visé la minorité alaouite de Syrie, lors d’une manifestation dans la ville de Qamishli (nord-est de la Syrie), le 11 mars 2025.
DelilSouleiman/AFP
Dans l’ouest de la Syrie, des milliers d’alaouites ont été massacrés, depuis début mars, par des forces du régime et des supplétifs. Un carnage qui n’est peut-être pas terminé.
Ahmed al-Charaa, longtemps mieux connu sous son nom de djihadiste Abou Mohammed al-Joulani (en costume noir, sous le drapeau syrien), rencontre des notables à Tartous le 25 janvier 2025.
Présidence syrienne/AFP
Pierre Firode, Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
Respectivement leader religieux chiite et ancien chef djihadiste sunnite, l’Irakien Moqtada al-Sadr et le Syrien Ahmed al-Charaa puisent volontiers dans le registre du nationalisme arabe.
Des enfants maliens regardent un soldat français patrouiller dans les rues du village de Guintou, près de Gao (Mali), le 4 décembre 2021.
Thomas Coex/AFP via Getty Images
L’annonce de la fermeture des bases par les gouvernants africains, et non par Paris, symbolise le rejet de la politique française et, donc, sa perte d’influence.
Des islamistes armés dans le nord du Mali, 2012.
Issouf Sanogo/AFP via Getty Images
Le profil de l’assassin de Samuel Paty, Abdoullakh Anzorov, est-il proche de celui d’autres terroristes ayant opéré en France ? Quelles leçons en tirer ?
Des hommes armés se tiennent sur le toit d'un bâtiment pour repousser les pillards du complexe de logements militaires de Najha, dans le sud-est de Damas, le 17 décembre 2024. Le nouveau pouvoir a déjà fort à faire à l'intérieur : il va donc devoir se montrer particulièrement diplomate face à ses voisins, qui sont tous plus puissants que lui sur le plan militaire.
Aris Messinis/AFP
Le nouveau régime de Damas doit ménager les intérêts divergents des puissances arabes (Arabie saoudite, Jordanie, Égypte) et de la Turquie, tout en évitant toute confrontation directe avec Israël.
Ce portrait d’Al-Joulani sur fond de drapeau syrien, photographié à Lattaquié le 9 décembre 2024, illustre bien l’idéologie spécifique du chef du groupe islamiste HTS : son combat se veut national, limité à la seule Syrie.
Aaref Watad/AFP
Le djihadisme n’est pas monolithique. Plusieurs courants y coexistent. Analyse de l’idéologie du nouvel homme fort de Damas, qui se focalise sur des objectifs purement nationaux.
Abou Mohammed Al-Joulani, le chef du groupe islamiste syrien Hayat Tahrir al-Cham (HTC), s’adresse à la foule dans la célèbre mosquée des Omeyyades à Damas, le 8 décembre 2024.
Abdulaziz Ketaz/AFP
Une nouvelle ère s’ouvre pour la Syrie et pour le Proche-Orient, porteuse d’espoirs mais aussi de nombreuses inquiétudes.
Des rebelles (véhicule de gauche) provenant de la direction d’Idlib et Alep passent devant un char abandonné par les forces du régime sur la route menant à la ville de Khan Sheikhun, dans le nord-ouest de la province syrienne d’Idlib, le 1er décembre 2024.
Omar Haj Kadour/AFP
Une coalition de rebelles a repris la deuxième plus grande ville de Syrie, Alep, ainsi que la cinquième, Hama, et entend poursuivre son effort vers le sud, direction Damas.
Yahya Sinouar, chef du mouvement islamiste palestinien Hamas dans la bande de Gaza, serre la main d’un combattant masqué des Brigades Qassam du Hamas lors d’un rassemblement marquant le 35e anniversaire de la fondation du groupe, dans la ville de Gaza, le 14 décembre 2022.
Mohammed Abed/AFP
On a souvent attribué la sauvagerie des massacres du 7 Octobre à la haine ressentie par les combattants du Hamas envers Israël. Or cette violence spectaculaire a sans doute été mûrement réfléchie.
Des soldats des forces armées maliennes sécurisent la zone de l'aéroport de Goundam (région de Tombouctou) dans le cadre d'une opération anti-terroriste au Sahel.
PHILIPPE DESMAZES/AFP via Getty Images
Sans aide extérieure, les solutions internes des forces gouvernementales ont non seulement échoué à contenir ces groupes, mais ont aggravé la situation.
« Bataille de cavaliers arabes autour d’un étendard », tableau orientaliste du peintre français Théodore Chassériau, daté de 1854, reflète une vision occidentale du djihad, perçu comme dans sa dimension guerrière. Ce n’est cependant pas la seule acception du terme.
Dallas Museum of Art
Concept admettant de nombreuses définitions parfois contradictoires entre elles, le djihad n’est pas une notion facile à appréhender. Un récent ouvrage retrace sa longue histoire.
Ibrahim Traoré, le chef de la junte, photographié ici le 8 octobre 2022 à sa sortie d’une cérémonie d’hommage à 27 soldats tués dans une embuscade djihadiste, estime que la situation sécuritaire justifie des restrictions en matière de droits humains.
Issouf Sanogo/AFP
Arrivée au pouvoir en 2022, la junte s’est engagée à respecter les droits fondamentaux des citoyens. Mais dans les faits, la situation en la matière ne cesse de se dégrader.
Des rangers à l'entraînement dans le parc national de la Pendjari, près de Tanguieta, le 11 janvier 2018.
Stefan Heunis/AFP
Les groupes extrémistes violents, principalement djihadistes, commettent de nombreux enlèvements. Pour des raisons stratégiques bien plus que par simple appât du gain.
Photo publiée par l’« agence de presse » de l’État islamique, présentée comme étant celle des quatre auteurs de l’attentat du Crocus City Hall, près de Moscou, qui a fait plus de 140 victimes le 22 mars 2024.
Dans la rhétorique djihadiste, les attentats commis contre des civils sont présentés comme relevant d’une vengeance légitime. En cela, les terroristes se réclament d’une pratique très ancienne.
Migrants tadjiks contrôlés à Moscou, 2023.
The Insider Russia
Le Tadjikistan compte deux millions de migrants travaillant actuellement en Russie. C’est parmi eux qu’ont été, semble-t-il, recrutés les auteurs du massacre de Moscou.
La salle de concert Crocus City Hall (Krasnogorsk, dans la banlieue de Moscou), le 22 mars 2024. Les terroristes ont abattu au moins 133 personnes et mis le feu au bâtiment.
AFP
Professeur agrégé de géographie, membre du laboratoire Médiations (Sorbonne Université), Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
Chercheur sénior au Bonn International centre for conflict studies (BICC) ; Chercheur associé au laboratoire Les Afriques dans le Monde (LAM), Sciences-Po Bordeaux., Université Bordeaux Montaigne
Chercheur associé au Centre Afrique de l'Institut Français des Relations Internationales, membre du Groupe de Recherche sur l'Eugénisme et le Racisme, Université Paris Cité