Le premier ministre arménien et chef du parti Contrat civil, Nikol Pachinian, après avoir voté aux élections législatives dans un bureau de vote à Erevan, le 7 juin 2026.
Karen Minasyan/AFP
Les élections législatives ont vu la victoire du premier ministre sortant, le 7 juin dernier. Nikol Pachinian cherche à diversifier les alliances de la république du Caucase du Sud, notamment en se rapprochant de l’Union européenne.
Ilham Aliev, au pouvoir en Azerbaïdjan depuis 2003, souhaite-t-il réellement que l’accord de paix avec l’Arménie soit signé et mis en œuvre ?
Azerbaijani Presidential Press OfficeAFP
L’annonce d’un accord de paix, après trente ans de guerre, a fait naître de grands espoirs, vite douchés par des exigences supplémentaires de Bakou, qui ne semble guère pressé de voir s’installer une paix durable.
Des dizaines de milliers de personnes ont défilé pour marquer le 104e anniversaire de l’occupation de Tbilissi par l’armée russe soviétique en 1921. L’événement a symboliquement marqué l’amalgame des protestations contre l’occupation russe de l’époque et la mainmise actuelle du parti pro-russe Rêve Géorgien sur l’État.
Nini Gabritchidaze/Civil.ge
En Géorgie, mais aussi dans l’Ukraine d’avant-guerre, les démarches mémorielles sont associées non plus tant à une dé-soviétisation, qu’à une dé-russification.
Des manifestants brandissent des drapeaux de la Géorgie, de l’UE et aussi de l’Ukraine, lors d’un rassemblement pro-UE avant les élections législatives, le 26 octobre 2024. Les résultats du scrutin, faussés en faveur du pouvoir pro-russe selon de nombreux observateurs, susciteront de nouvelles manifestations de masse.
Vano Shlamov/AFP
Les manifestations d’aujourd’hui réveillent le souvenir de celles de 1956 et de 1989, écrasées dans le sang, mais aussi de celles, victorieuses, de 1978 et de 2004.
Le premier ministre arménien Nikol Pachinian (à gauche) rencontre le président iranien Massoud Pezechkian à Téhéran, le 30 juillet 2024.
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Taline Ter Minassian, Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco)
Enserrée entre la Turquie à l’ouest et l’Azerbaïdjan à l’est, l’Arménie regarde vers la Russie au nord, vers l’Iran au sud, et aussi vers la communauté internationale pour assurer son avenir.
Rassemblement contre le projet de loi sur « l’influence étrangère », à Tbilissi, le 8 mai 2024. Le pays est en proie à des manifestations antigouvernementales massives depuis le 9 avril, après que le parti au pouvoir, Le Rêve géorgien, a réintroduit un projet de loi que ses détracteurs considèrent comme répressif.
Giorgi Arjevanidze/AFP
Après des années de subtil jeu d’équilibre entre la Russie et l’Occident, le pouvoir de Tbilissi semble avoir tranché en faveur de Moscou. Une trajectoire que la population conteste avec force.
Bakou, le 3 février 2024, quelques jours avant la présidentielle. L’inamovible Ilham Aliev était opposé à plusieurs candidats fantoches, dont le mieux placé a obtenu 2 % des suffrages, contre 93 % au sortant.
Tofik Babayev/AFP
Élodie Gavrilof, Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco)
Ilham Aliev, aux affaires depuis 2003, vient d'être reconduit à la présidence pour un cinquième mandat, à l'issue d'un simulacre d'élection.
La quasi-totalité de la population arménienne du Haut-Karabakh a précipitamment pris la route de l’exil vers l’Arménie après la conquête par l’Azerbaïdjan les 19-20 septembre 2023, créant des embouteillages monstres sur l’étroite route montagneuse de Latchine, ici le 28 septembre 2023.
Siranush Adamyan/AFP
La présence arménienne semble avoir pris définitivement fin au Haut-Karabakh, récupéré par l’Azerbaïdjan en septembre dernier.
Manifestation demandant la réouverture d’une route bloquée reliant la région du Haut-Karabakh à l’Arménie, à Stepanakert, principale ville du Haut-Karabakh, le 25 juillet 2023.
Ani Balayan/AFP
Élodie Gavrilof, Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco)
L’enclave arménienne située en Azerbaïdjan est actuellement coupée de tout approvisionnement en nourriture. Une crise humanitaire majeure pourrait rapidement s’y faire jour.
Tbilissi, capitale de la Géorgie, pays traversé de routes hautement stratégiques pour l’Union européenne.
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La Géorgie demeure une zone stratégique pour l’Union européenne. Les 27 doivent-ils se montrer intransigeants sur les conditions d’une adhésion, au risque de rapprocher Tbilissi de Moscou ?
Un manifestant arménien se tient face aux forces de maintien de la paix russes qui bloquent une route à l’extérieur de Stepanakert. Ce ne sont pas les Russes mais les Azerbaïdjanais qui imposent le blocus du Haut-Karabakh, mais les troupes de Moscou ne font pas grand-chose pour y mettre fin.
Davit Ghahramanyan/AFP
Enclavés à l’intérieur de l’Azerbaïdjan, les Arméniens du Haut-Karabakh sont coupés de l’aide extérieure par un blocus exercé depuis décembre sur le corridor de Latchine, leur seul lien avec Erevan.
Manifestation le 8 mars devant le Parlement à Tbilissi. Les manifestants expriment leur attachement à l’adhésion de leur pays à l’UE ainsi que leur soutien à l’Ukraine agressée par la Russie.
Vano Shlamov/AFP
Des manifestations de grande ampleur ont abouti au retrait d’un projet de loi autoritaire qui aurait porté un coup très rude à la candidature du pays à l’UE.
Vidéoconférence entre Vladimir Poutine et les autres dirigeants des pays membres de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) le 28 octobre 2022.
Mikhail Metzel/Sputnik/AFP
La plupart des anciennes républiques soviétiques cherchent de plus en plus à s’émanciper de l’emprise de Moscou. Sans pouvoir tout à fait échapper à leur géographie…
Vladimir Poutine s’apprête à recevoir les membres de la Communauté des États indépendants (CEI) lors de son sommet annuel à la résidence présidentielle du palais Konstantin à Strelna, le 28 décembre 2021.
AFP
Un récent ouvrage permet de mieux comprendre le concept russe d’« étranger proche », et la façon dont la Russie perçoit ses voisins, anciens membres de l’Union soviétique.
Depuis le début de l’attaque russe sur l’Ukraine le 24 février, Emmanuel Macron a multiplié les entretiens téléphoniques avec Vladimir Poutine, sans grand succès jusqu’ici.
Stephane Mahe & Odd Andersen/AFP / pool
Le contexte actuel tranche avec celui de 2008, lorsque Nicolas Sarkozy, en sa qualité de président en exercice de l’UE, était parvenu à persuader la Russie de mettre fin à l’invasion de la Géorgie.
Manifestation en soutien à l’Ukraine à Tbilissi, la capitale géorgienne, le 1er mars 2022.
Vano Shlamov/AFP
Sophie Marineau, Université catholique de Louvain (UCLouvain)
L’invasion de l’Ukraine par la Russie sous prétexte de venir en aide aux républiques séparatistes du Donbass rappelle inévitablement la guerre de Géorgie de 2008.
Le 23 avril 2021, une procession aux flambeaux se déroule à Erevan en souvenir du génocide de 1915, qui a été suivi, trois ans plus tard, de la création de l'éphémère république d'Arménie (1918-1920). L'impact de ses deux années d'existence aura été majeur.
Karen Minasyan/AFP
Taline Ter Minassian, Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco)
Un récent ouvrage révèle des éléments historiques majeurs expliquant le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, qui continue de constituer une menace sérieuse aux portes de l’Europe.
Des habitants de Soukhoumi, la capitale de l’Abkhazie, brandissent des drapeaux de l’Abkhazie (à bandes vertes), de l’Ossétie du Sud (blanc, rouge et jaune) et de la Russie pour célébrer la reconnaissance par Moscou de l’indépendance de ces deux républiques sécessionnistes de Géorgie, le 16 août 2008.
AFP
Taline Ter Minassian, Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco)
Les entités sécessionnistes s’imposent comme un enjeu politique central pour les États issus de l’ancien Empire soviétique, mais aussi pour le continent européen.
Dans un cimetière d’Erevan, la capitale arménienne, le 26 septembre 2021.
Karen Minasyan/AFP
Un an après la fin des combats, les familles des milliers de jeunes soldats arméniens morts au front cherchent à donner un sens à cette guerre perdue.
L'Arménie et l'Azerbaïdjan, qui viennent de se livrer une guerre meurtrière au Haut-Karabakh en 2020, sont respectivement soutenus par l'Inde et par le Pakistan.
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Taline Ter Minassian, Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco)
Le bras de fer indo-pakistanais se fait ressentir dans le Caucase, où l’Inde est proche de longue date de l’Arménie, tandis que le Pakistan ne cesse de se rapprocher de l’Azerbaïdjan.
Historienne, professeure des universités. Co-directrice de l'Observatoire des États post-soviétiques jusqu'en 2024., Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco)
Professeure des universités en études russes et soviétiques, Université de Rennes 2, chercheuse au CERCLE (Université de Lorraine), Université Rennes 2