Articles on Rassemblement national (RN)
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La menace du FN dans les régions a été conjurée grâce à un sursaut républicain. Comme en 2002. Mais rien ne dit que les électeurs de gauche vont accepter de jouer les supplétifs à l’avenir.
Si la grande région reste à gauche, cette victoire masque de fortes disparités : le PS et ses alliés l’emportent certes en Midi-Pyrénées, mais le FN est arrivé en tête en Languedoc-Roussillon.
Dans la plus grande région de France, la gauche apparaît comme le grand vainqueur du second tour derrière Alain Rousset. Mais derrière l’échec de Virginie Calmels, c’est Alain Juppé qui est fragilisé.
Après 17 ans de règne de la gauche, la droite conduite par Valérie Pécresse l’a emporté en île-de-France. Simple alternance ou signe d’une profonde modification du paysage politique ?
Résister, c’est le mot d’ordre tous azimuts des partis démocratiques contre Daech et contre le Front national. Résister contre quoi ? Et pour quel autre modèle ?
Pour combattre le Front national, au lieu de le démoniser, il faut commencer par souligner qu’il est un parti banalement capitalo-présidentialiste, pas plus antisystème que d’autres.
À l’issue des régionales, une triangulation source de blocages s’installe. Face à l’inertie des partis traditionnels, le nécessaire réenchantement de la politique peut venir de ses marges.
Le FN bredouille, la droite gagnante et la gauche affaiblie mais pas terrassée : ce sont les principaux enseignements comptables de ces régionales. Mais le tripartisme est la principale nouveauté.
Le Front national se donne un image de gestionnaire. Mais ses options budgétaires sont au strict service de son idéologie. Et ont finalement peu évolué.
Une enquête du Cevipof montre que les catégories populaires ont massivement voté pour le FN au premier tour des Régionales, révélant une fracture nette avec le reste de la population.
Des études menées au niveau européen montrent que la récupération des thèmes de l’extrême droite, conjuguée à un refus d’alliance, ne réduit pas son influence. Bien au contraire.
Depuis des années, le FN a érigé l’islam comme une menace pour l’identité française et en tire des dividendes sur le plan électoral. Mais il n’est pas le seul à entretenir cette paranoïa identitaire.
Marqué par le succès du FN, le premier tour des régionales a entériné l’irruption du tripartisme en France, susceptible de se renforcer à l’issue du second tour.
L’émotion a été partout en cette année 2015. Un paramètre que la science politique rejette souvent à l’arrière-plan. Pourtant, les émotions politiques ont un impact non négligeable dans les isoloirs.
Malgré des scores électoraux en hausse sensible d’élection en élection, le Front national peut-il conquérir le pouvoir sans allié ? L’exemple du PCF durant les Trente Glorieuses démontre le contraire.
Dans cette zone traditionnellement ancrée à gauche, le PS est en bonne place pour conserver cette grande région. La droite déçoit, et le FN marque des points.
Arrivé en tête dans 6 régions sur 13, le Front national est en mesure de l'emporter dans au moins deux d'entre elles. C'est bien lui qui apparaît comme le grand gagnant de ce premier tour.
Pour exister sur le marché politique, il faut occuper un créneau bien identifié des électeurs. C’est ce qu’a bien compris le FN avec son programme de souverainisme intégral, évolutif.
C’est le sauve-qui-peut dans les régions pour essayer de contrer la montée du FN. Mais le danger était prévisible.
Parti profondément national, le FN est engagé dans un scrutin qui le place en contradiction avec son idéologie proclamée.



















