Funérailles d’un membre de la milice irakienne Hachd al-Chaabi au cimetière de Wadi al-Salam, dans la ville sainte de Nadjaf, dans le centre du pays, le 29 juillet 2026. Des frappes américano-saoudiennes, déclenchées en riposte aux attaques menées contre les forces américaines et les installations pétrolières saoudiennes, ont tué au moins 20 combattants en Irak.
Qassem El-Kaabi/AFP
Pierre Firode, Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
L’Iran mobilise les milices irakiennes dans ses opérations visant l’Arabie saoudite, ce qui suscite un mécontentement de plus en plus sensible des leaders irakiens.
Les contenus fabriqués par des spécialistes iraniens et massivement partagés sur Internet, comme celui-ci, contribuent à éroder le discours des dirigeants états-uniens qui, de plus, peinent à comprendre comment fonctionne l’État iranien et, notamment, qui décide des tirs visant les navires dans le détroit d’Ormuz et les pays du Golfe.
Capture d’écran/X
Pierre Firode, Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
L’Iran modernise la guerre asymétrique grâce à une propagande virale et à une organisation décentralisée qui déstabilise Washington.
Le 6 avril 2026, rassemblement à Téhéran devant une affiche représentant Ruhollah Khomeini, premier guide suprême de la République islamique (1979-1989), Ali Khamenei (1989-2026) et Moqtaba Khamenei, désigné début mars 2026.
AFP
Pierre Firode, Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
La guerre en Iran révèle la force d’une idéologie chiite qui transforme les défaites militaires en victoires symboliques et renforce la résilience du régime face aux États-Unis.
Un drapeau du Hezbollah flotte depuis un balcon sur le village de Nabi Chit, à l’est du Liban, dans la vallée de la Bekaa, touché par une frappe d’Israël, le 7 mars 2026, faisant 41 morts.
Fadel Itani/AFP
Pierre Firode, Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
Les milices chiites en Irak et le Hezbollah libanais, jusqu’ici largement aux ordres de Téhéran, pourraient s’en émanciper à la faveur des événements.
Une colonne de fumée noire s’élève d’un incendie qui fait rage près des dépôts de carburant du port de Fujaïrah, dans l’émirat du même nom, le 4 mars 2026. Les frappes iraniennes contre ses voisins du Golfe depuis le 28 février, à la suite de l’attaque américano-israélienne, ont contraint les Émirats arabes unis à fermer leur espace aérien.
Fadel Senna/AFP
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L’objectif de l’Iran est d’inciter l’opinion publique américaine et les monarchies du Golfe à faire pression sur Donald Trump afin de le convaincre de mettre fin aux hostilités.
Les forces gouvernementales syriennes empruntent une route pour entrer dans la ville à majorité kurde de Qamishli, le 3 février 2026.
Bakr Alkasem/AFP
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Les Kurdes de Syrie n’ont guère bénéficié de leur lutte acharnée contre Daech : le nouveau régime syrien est sur le point de totalement résorber leur autonomie, sans que les Occidentaux ne s’en émeuvent.
Rassemblement « Free Iran » à Los Angeles, le 11 janvier 2026. Les manifestants réclament de Donald Trump qu’il passe résolument à l’action contre le régime de la République islamique, dont la répression aurait déjà fait des milliers de morts en moins de deux semaines.
Jonathan Alcorn/AFP
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En Iran, Donald Trump pourrait s’inspirer du modèle afghan de la fin 2001 : Washington avait obtenu la chute des talibans en armant des groupes locaux et en les soutenant par une campagne de frappes aériennes.
Offa, le 27 décembre 2025. Dégâts causés par les débris de munitions utilisées lors des frappes américaines contre des combattants non identifiés présentés comme étant liés au groupe État islamique au Nigeria. Selon Donald Trump, l’attaque a « décimé » les camps liés à l’État islamique situés dans le nord-ouest du pays.
Abiodun Jamiu/AFP
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Au Sahel, au Nigeria ou encore à la frontière de l’Ouganda et de la République démocratique du Congo, des organisations affiliées au groupe État islamique sont en plein essor.
Ahmad al-Charaa salue le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammad ben Salmane, sous les yeux de Donald Trump, le 14 mai 2025 à Riyad. L’ancien paria, dont la tête a longtemps été mise à prix par les États-Unis, a rencontré au cours de l’année écoulée la majeure partie des dirigeants des puissances du Proche-Orient, mais aussi Trump et Poutine, et s’est exprimé à la tribune de l’ONU.
Bandar Al-Jaloud/Saudi Royal Palace/AFP
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Le nouveau président syrien a donné des gages aux puissances régionales et internationales. L’objectif premier est de s’assurer qu’elles lui laisseront les coudées franches dans sa politique très dure envers les minorités.
Bina Diarra, porte-parole du JNIM, s’adresse en bambara aux Maliens dans une vidéo publiée en novembre 2025.
Capture d'écran X (anciennement Twitter)
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En Syrie, les djihadistes de HTC ont pris le pouvoir après avoir focalisé leur lutte sur leur seul pays. Au Mali, les djihadistes du JNIM semblent s’inspirer de cet exemple.
Manifestation à Amman, capitale de la Jordanie, le 14 février 2025, contre la proposition de Donald Trump de prendre le contrôle de la bande de Gaza et de déplacer plus de deux millions de Palestiniens hors du territoire.
KhalilMazraawi/AFP
Pierre Firode, Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
La Jordanie et l’Égypte, profondément hostiles aux Frères musulmans, voient ce mouvement progresser, en bonne partie à cause du comportement d’Israël et des États-Unis.
Ahmed al-Charaa, longtemps mieux connu sous son nom de djihadiste Abou Mohammed al-Joulani (en costume noir, sous le drapeau syrien), rencontre des notables à Tartous le 25 janvier 2025.
Présidence syrienne/AFP
Pierre Firode, Sorbonne Université; Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay
Respectivement leader religieux chiite et ancien chef djihadiste sunnite, l’Irakien Moqtada al-Sadr et le Syrien Ahmed al-Charaa puisent volontiers dans le registre du nationalisme arabe.
Des hommes armés se tiennent sur le toit d'un bâtiment pour repousser les pillards du complexe de logements militaires de Najha, dans le sud-est de Damas, le 17 décembre 2024. Le nouveau pouvoir a déjà fort à faire à l'intérieur : il va donc devoir se montrer particulièrement diplomate face à ses voisins, qui sont tous plus puissants que lui sur le plan militaire.
Aris Messinis/AFP
Le nouveau régime de Damas doit ménager les intérêts divergents des puissances arabes (Arabie saoudite, Jordanie, Égypte) et de la Turquie, tout en évitant toute confrontation directe avec Israël.
Ce portrait d’Al-Joulani sur fond de drapeau syrien, photographié à Lattaquié le 9 décembre 2024, illustre bien l’idéologie spécifique du chef du groupe islamiste HTS : son combat se veut national, limité à la seule Syrie.
Aaref Watad/AFP
Le djihadisme n’est pas monolithique. Plusieurs courants y coexistent. Analyse de l’idéologie du nouvel homme fort de Damas, qui se focalise sur des objectifs purement nationaux.
Trois véhicules blindés de transport de troupes israéliens, dont l’un a été retourné par l’impact, après avoir subi un tir de missile du Hezbollah près du village de Kfar Kila, dans le sud du Liban, le 31 juillet 2006.
Menahem Kahana/AFP
En 2006, le Hezbollah s’est montré capable à la fois d’affronter Tsahal en terrain ouvert et d’employer des méthodes de guérilla. 18 ans plus tard, l’examen de cette guerre est riche d’enseignements.
Yahya Sinouar, chef du mouvement islamiste palestinien Hamas dans la bande de Gaza, serre la main d’un combattant masqué des Brigades Qassam du Hamas lors d’un rassemblement marquant le 35e anniversaire de la fondation du groupe, dans la ville de Gaza, le 14 décembre 2022.
Mohammed Abed/AFP
On a souvent attribué la sauvagerie des massacres du 7 Octobre à la haine ressentie par les combattants du Hamas envers Israël. Or cette violence spectaculaire a sans doute été mûrement réfléchie.
L’urbicide revient souvent à priver une ville de son identité de façon à anéantir tout sentiment d’appartenance commune aux populations diverses qui la composent.
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La notion d’urbicide ne désigne pas seulement la destruction matérielle d’une ville au cours d’un conflit mais aussi le « vivre-ensemble » qu’elle représente.
Le Hamas médiatise volontiers ses actions (photo prise le 11 novembre 2019 dans le sud de la bande de Gaza lors d’un rassemblement militaire anti-israélien), en s’appuyant souvent sur les civils palestiniens, qu’il n’hésite pas le cas échéant à utiliser en tant que boucliers humains.
Anas-Mohammed/Shutterstock
Depuis plusieurs années, le Hamas est accusé de prendre en otage sa population. Cette stratégie est à analyser en parallèle avec les précédents d’Al-Qaida.
Pour l’armée israélienne, chaque immeuble de Gaza City, comme ici dans le quartier Tal al-Hawa, risque de devenir une souricière, à l’instar de ce qu’avaient vécu les militaires américains à Falloujah (Irak) en 2004.
Khoder al-Zaanoun/AFP
À Falloujah, en 2004, les soldats américains s’étaient heurtés à une résistance acharnée des insurgés. Cette guerre urbaine est porteuse de nombreuses leçons pour l’engagement de Tsahal à Gaza.