Jean-Michel Perez

Professeur des universités en Sciences de l’éducation et de la formation à l’Université de Lorraine, spécialisé en dynamiques collaboratives, recherche participative, et accompagnement du changement chez les acteurs éducatifs.

Mes travaux portent principalement sur les dynamiques collaboratives entre chercheurs et enseignants (mais plus largement toute personne ayant une autorité face aux enjeux posés par l’éducation. Ils visent à comprendre et à accompagner les processus de changement nécessaires chez des acteurs éducatifs souvent peu préparés à répondre aux besoins spécifiques de publics exigeants, notamment les Élèves/Étudiants Reconnus Institutionnellement Handicapés (ERIH)., jusqu'au élèves/étudiants Reconnus institutionnellement Précoce (ERIP)

À travers une démarche de recherche menée sur dix années et au sein de plusieurs collectifs, la présente contribution se déploie selon trois dimensions complémentaires : écologique, dynamique et réflexive.

La dimension écologique considère l’inclusion scolaire comme un « objet à fort enjeu local » (OFEL), à appréhender dans le cadre de la théorie anthropologique des rapports Institutions-Objets-Acteurs (IOA). Dans cette perspective, l'OFEL cristallise les tensions institutionnelles et personnelles, matérielles et relationnelles qui émergent lors de la mise en œuvre effective de pratiques dites "inclusives", générant des zones d’inconfort chez les acteurs, indépendamment de leur niveau de compétences ou de connaissances.

La dimension dynamique explore des dispositifs de recherche-formation conçus pour mettre au travail l'OFEL, permettant ainsi d’identifier, d’analyser et de problématiser les phénomènes d’accessibilité didactique ainsi que l'évolution des praxéologies professionnelles des enseignants engagés dans l’inclusion des ERIH. Ce processus dynamique révèle les points aveugles inhérents aux rapports institutionnels existants, ouvrant la voie à un réajustement continu des pratiques éducatives et institutionnelles.

Enfin, corrélée à ces deux dimensions, la dimension réflexive interroge la posture du chercheur lui-même, envisagé comme un « chercheur-apprenant ». Cette posture implique de mobiliser la créativité inhérente à chacun, faisant ainsi de la personnalité du chercheur et de ses attitudes l’instrument privilégié dans une relation nécessairement dissymétrique avec les enseignants partenaires. Cette dissymétrie est conditionnée par la visée que se donne l’institution à l’égard des élèves/étudants dont elle revendique la responsabilité éducative.

Ce cadre théorique, mobilisant des références humanistes, philosophiques et anthropologiques, met en lumière des notions essentielles telles que la théorie des rapports, le contre-transfert et l’intuition en éducation. Cette note de synthèse, fruit d’un parcours de vie et de travaux scientifiques, offre des pistes prometteuses pour repenser les institutions en vue de prottéger l'agentivité singulière et collective de leurs acteurs. Au cœur de ce processus se trouve la figure centrale du « chercheur-apprenant », qu’il s’agisse de celui qui est mis en position « d’élève », « d’ERIH », « d’enseignant » "de politique" ou de « chercheur ».

Experience

  • –present
    Professeur des universités en Sciences de l'éducation et de la formation, Université de Lorraine

Education

  • 2018 
    Université de Lorraine, Habilitation à diriger des rechrerches

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