La police près du lieu d’une fusillade qui a fait trois morts, à Montréal le 22 juin 2026. Le tireur a laissé derrière lui un manifeste masculiniste.
Daphné Lemelin/AFP
Tristan Boursier, Sciences Po; Université du Québec en Outaouais (UQO) and Océane Corbin, Université du Québec à Montréal (UQAM)
Une fusillade à Montréal a fait trois morts le 22 juin. Le tireur a laissé un manifeste masculiniste, un patchwork idéologique dont la seule constante est la haine des femmes.
Des gens endeuillés écoutent un discours lors d'une veillée organisée au lendemain de la fusillade survenue devant le Centre islamique de San Diego, le 18 mai 2026.
(AP Photo/Jae C. Hong)
Malgré leurs profondes divergences, des mouvements semblent graviter autour d’un même noyau. La clé de compréhension réside moins dans ce qui les unit que dans ce qui les aligne.
L’influenceur britannico-américain Andrew Tate, figure de proue du masculinisme, fréquemment associé à l’extrême droite, est connu pour ses propos antiféministes particulièrement virulents et ses démêlés avec la justice. Son frère et lui ont été mis en examen en Roumanie pour traite d’êtres humains et exploitation sexuelle. Il est également accusé de viols et de violences par quatre femmes au Royaume-Uni.
Daniel Mihailescu/AFP
Tristan Boursier, Sciences Po; Université du Québec en Outaouais (UQO) and Océane Corbin, Université du Québec à Montréal (UQAM)
La montée des discours masculinistes et leur radicalisation, amplifiées par les algorithmes, dessinent une nouvelle forme d’antiféminisme qui irrigue l’extrême droite.
Les mobilisations et discours pouvant restreindre l’accès à l’avortement ne sont pas uniquement portés par des personnes s’y opposant de manière catégorique, ostentatoire ou hostile, écrit l'autrice.
(Unsplash)
Les oppositions à l’avortement au Québec ne sont pas toujours frontales et hostiles, elles prennent parfois un vernis « féministe ».
Andrew Tate s’adresse aux médias aux côtés de son frère Tristan, après son retour des États-Unis, devant sa maison en périphérie de Bucarest, en Roumanie, le 22 mars 2025.
(AP Photo/Andreea Alexandru)
En dix ans, le masculinisme est passé de la marge au centre du débat public, porté par les réseaux sociaux et leurs logiques de viralité.
Un rassemblement de soutien s’est tenu devant le Hagey Hall de l’Université de Waterloo (Ontario, Canada), au lendemain de l’agression perpétrée par un homme contre des étudiants et des enseignants lors d’un cours sur les études de genre, le 28 juin 2023.
Nicole Osborne/The Canadian Press
L’analyse de plus de 100 manifestes d’assaillants isolés montre que la misogynie est une référence récurrente pour ces auteurs d’attaque.
Pour la première fois, le Parquet national antiterroriste (PNAT) a été saisi concernant une personne qui se revendique exclusivement de la mouvance « incel ». (Image d'illustration)
Sébastien Dupuy / AFP.
Tristan Boursier, Sciences Po; Université du Québec en Outaouais (UQO)
L’arrestation d’un jeune homme pour un projet d’attentat masculiniste en France ravive les inquiétudes sur cette mouvance antiféministe qui converge de plus en plus vers les idéologies d'extrême droite.
Les influenceurs « masculinistes » sont des relais de l'extrême droite. Ici Andrew Tate, le 8 mars 2025 à Las Vegas. Cet ancien kickboxer, suivi par plus de 10 millions de personnes sur X, prodigue des conseils aux jeunes hommes et diffuse des messages misogynes. Il est inculpé pour viols au Royaume-Uni.
Ian Maule/Getty Images/AFP
L’antiféminisme est l’un des principaux axes de mobilisation politique de l’extrême droite et il séduit de nombreux jeunes hommes. Comment comprendre ce phénomène ?