Mais quel pourrait être l’impact final des Jeux olympiques de Paris ? D’un côté, des retombées économiques entre 6,7 et 11,1 milliards d’euros sont attendues. Les Jeux olympiques devraient aussi renforcer l’image de la France et attirer davantage de touristes… tandis que Paris bénéficie déjà de nouvelles opportunités, de nouveaux aménagements…
Mais, simultanément, cela suscite plusieurs controverses sur le budget, le déménagement, un temps envisagé, des bouquinistes des quais de Seine, la réquisition des logements étudiants, la qualité de l’eau de la Seine pour des baignades. Résultat : des manifestations contre l’organisation des JO se multiplient. Alors, comment tirer le maximum d’impacts positifs ?
Malgré des controverses, les JO de Paris 2024 vont sans doute être moins polluants que ceux de Londres en 2012 ou de Rio en 2016. L’utilisation de 95 % des infrastructures existantes, des bâtiments plus sobres, des nouvelles bornes électriques, des millions de gobelets réutilisables, l’introduction de deux fois plus de protéines végétales dans les plats, et l’utilisation de 80 % de produits français, dont un quart dans un rayon de 250 kilomètres, promettent des jeux moins polluants.
Moins polluant et écoresponsable
Dans une tribune, Caroline Leroy rappelle les promesses des JO et illustre comment les JO de Paris pourraient devenir encore plus responsables. En revanche, certaines associations dénoncent : malgré ces pratiques responsables, les JO de Paris resteraient polluants, car les émissions de gaz à effet de serre de ce type de compétition explosent principalement en raison des déplacements aériens des spectateurs. Pendant les JO, 16 millions de touristes supplémentaires sont attendus.
Même si presque 90 % de spectateurs seront des Français, d’autres viendront certainement en avion. Face à ces critiques, les JO de Paris pourraient devenir un exemple d’évènement responsable en minimisant leurs impacts négatifs. Par exemple, EcoTree permet de calculer les émissions de CO2 d’un vol, et l’organisation des JO de Paris pourrait mettre en place des politiques de sensibilisation pour proposer des solutions contrebalançant individuellement les émissions (comme, par exemple, la compensation du vol par des écogestes).
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En outre, les JO de Paris pourraient promouvoir des pratiques responsables et inviter les participants à adopter des gestes écoresponsables au quotidien (par exemple, privilégier l’économie circulaire, valoriser des produits locaux, adopter des moyens de transport écologiques, etc.). Cela renforcerait l’image positive de la France pour une organisation des JO moins polluante et écoresponsable.
Moins séduisant que prévu
Comme tous les grands évènements sportifs de ce type, les JO attirent beaucoup de touristes. L’année 2023 était exceptionnelle pour le tourisme français et la France a accueilli 98 millions de touristes étrangers. 16 millions de touristes (dont 90 % de Français) supplémentaires sont attendus pendant l’évènement. Selon un article publié dans L’écho touristique, l’Atout France (Agence de développement touristique de la France) estime que le nombre de touristes pendant Paris 2024 pourrait être jusqu’à 10 % « supérieur » par rapport à l’été 2019. En revanche, les JO de Paris restent moins séduisants que prévu. Les professionnels du tourisme déplorent une baisse de réservations de 2 % entre le 26 juillet et 11 août (vis-à-vis de la même période de l’an dernier). Les prix d’hébergement sont également en chute libre.
Le prix moyen d’une nuit à Paris tourne autour de 802 euros du 26 juillet au 11 août, soit une baisse de 9 % en l’espace d’un mois. Quant à la location, les prix ont chuté de 18 % en trois mois. Même si plusieurs associations et groupes dénoncent les JO de Paris 2024, comme le Collectif Saccage 2024), nous remarquons une sorte de prudence de la part des touristes, par crainte de ne pas pouvoir circuler librement, de ne pas pouvoir accéder aux lieux touristiques, d’être gênés par les mesures de sécurité.
Le risque du surtourisme
De plus, l’Office du Tourisme de Paris souligne que les touristes étrangers représentent 60 % des recettes touristiques des JO mais cette clientèle est en baisse de 4,5 %, en raison de la crainte d’attentats. Il y a donc un vrai défi lié à la gestion des flux touristiques pendant les JO. Nous avons déjà évoqué le phénomène du surtourisme et proposé plusieurs solutions pour mieux gérer les flux touristiques (tourisme responsable et équitable, tourisme créatif. Même si le gouvernement a mis en place une stratégie nationale pour gérer ces flux, il nous semble qu’il y ait un manque de communication et que les touristes ne soient pas complètement convaincus. Il serait intéressant de collaborer avec des territoires voisins et de proposer des parcours touristiques en dehors de Paris. Par exemple, intégrer les sites touristiques normands dans des parcours touristiques afin de décharger des sites parisiens. Ainsi, les flux touristiques seraient mieux gérés, et les retombées économiques maximisées.
Nous ne pouvons pas encore mesurer les impacts des JO de Paris. C’est un investissement à long terme et les JO de Paris continueront à donner leurs fruits pendant longtemps. L’exemple des JO de Londres en 2012 continue : c’est un héritage qui perdure toujours (et encore).
Selon les chiffres communiqués par le Comité international olympique, 110 000 emplois ont été créés depuis 2012 dans les quartiers où se sont déroulées les compétitions olympiques. Sur les 70 000 artisans des Jeux de Londres de 2012, plus de 35 000 continuent à faire du bénévolat dans leurs communautés. Enfin, plus d’un million de personnes visitent chaque année le Parc olympique. Le temps de faire un bilan définitif n’est donc pas encore venu.
